Akarat Phasura / Shutterstock
Dans les coulisses

Malgré les nombreuses critiques, les ventes de lunettes connectées ont quadruplé

Daniel Borchers
6/10/2026
Traduction : Yannick Meilleray

Galaxus et Digitec ont déjà vendu cette année quatre fois plus de lunettes de réalité augmentée qu’à la même période l’année dernière. Les produits des marques Ray-Ban et Xreal sont les plus vendus. Un sexe en particulier achète neuf appareils sur dix.

Dès 2014, Google a commercialisé les lunettes Glass (en allemand) qui proposent l’Augmented Realitiy (AR), c’est-à-dire la « réalité augmentée (RA) » via des lunettes, mais elles ne se sont pas imposées. L’année 2026 pourrait toutefois marquer le véritable début de l’ère des cyberlunettes, car l’intelligence artificielle rend ces appareils plus « intelligents ». Les personnes sourdes peuvent soudainement suivre les conversations en direct et y participer comme jamais auparavant. Grâce à une caméra et à des haut-parleurs, les personnes aveugles peuvent obtenir une description de l’environnement (en allemand) dans lequel elles se trouvent. Le revers de la médaille : certaines utilisatrices et utilisateurs de lunettes connectées filment des personnes qui refusent d’être filmées et publient ces vidéos de manière illégale (en allemand).

Une diffusion massive pourrait être imminente : en 2026, des millions d’exemplaires ont déjà été vendus (en allemand) dans le monde entier, selon les fabricants. Chez Galaxus également, les ventes ont quadruplé cette année par rapport à la même période de l’année dernière (+ 307 %). Plusieurs milliers d’unités ont été commandés entre janvier et septembre. Les marques les plus populaires sont Ray-Ban, Xreal et RayNeo, devant Viture et Oakley. Les lunettes connectées sont avant tout un phénomène masculin : 87 % des lunettes sont achetées par des hommes.

Que disent les critiques ?

Les critiques à l’égard de ces lunettes émanent notamment du monde politique. En Suisse, le conseiller national Raphaël Mahaim (Les Verts) a déposé en septembre une motion en faveur d'un nouveau cadre juridique. Toute personne utilisant des lunettes connectées pour enregistrer l’image, la voix ou les données biométriques d’une autre personne devra à l’avenir l’indiquer clairement. En l’absence d’un indicateur perceptible et non désactivable signalant l’enregistrement, les autorités considéreront celui-ci comme illégal. Les fabricants devront en outre prouver, avant même la mise en vente, que leurs appareils protègent la vie privée. L’association de ces lunettes à la reconnaissance faciale en temps réel devrait être provisoirement interdite, avec des exceptions, par exemple pour les personnes malvoyantes et des applications industrielles.

En Allemagne, les critiques proviennent principalement (en allemand) des délégués à la protection des données et des associations de défense des consommateurs. L’organisation HateAid affirme : « Cette technologie accélère la violence numérique. » L’Agence fédérale des réseaux serait compétente pour prononcer une interdiction. Celle-ci ne voit toutefois aucune base légale (en allemand) à cette fin. Après tout, les abus impliquant des caméras et des microphones sont également possibles avec les smartphones et d’autres appareils. Les enregistrements dans des lieux sensibles, tels que les piscines par exemple, sont d’ailleurs interdits depuis longtemps.

Comment aborder la question des lunettes connectées ?

« Chaque nouvelle technologie présente des atouts, des faiblesses et fait objet de questions en suspens. Une partie de ces problèmes peut être résolue par une réglementation et des normes techniques, mais beaucoup d’autres requièrent une utilisation responsable au quotidien », peut-on lire dans un guide sur les lunettes connectées rédigé par diverses universités, instituts et associations (PDF à télécharger sur unibw.de) (en allemand). Selon ces lignes directrices, les utilisatrices et utilisateurs de lunettes connectées doivent agir de manière responsable, c’est-à-dire ne pas filmer en secret, laisser les indicateurs d’enregistrement visibles, retirer ou éteindre les lunettes dans les situations sensibles et se poser la question suivante : « Serais-je autorisé à faire la même chose avec un smartphone ? » Les personnes concernées qui croisent des utilisatrices et utilisateurs de lunettes connectées doivent évaluer la situation concrète plutôt que de se limiter à l’appareil, exprimer activement leurs limites (par exemple : « Je ne souhaite pas être filmé ») et, en cas de violation des droits, interpeller la personne concernée et, si nécessaire, faire intervenir les responsables ainsi que les plateformes.

La rédaction et la communauté Galaxus testent et discutent intensément

La rédaction de Galaxus s’intéresse également de près aux lunettes connectées. Notre rédacteur Lorenz Keller écrit : « Ces lunettes de voyeurisme me placent face à un dilemme moral. » Lorenz a décidé de ne pas porter ces lunettes en public tant que les débats sont en cours, mais il continuera bien sûr à rendre compte de ses tests.

Les utilisatrices et les utilisateurs de Galaxus commentent notamment : « Honnêtement, je trouve étrange que de telles caméras soient diabolisées. On trouve des caméras partout […] » (expatriate), « […] Désolé pour les boomers, mais on ne se débarrassera plus jamais de ces trucs […] » (PneuRugeler), « Le plus gros problème avec ces **** d’engins, c’est que, en tant que porteur de lunettes ordinaires, je devrai à l’avenir sans cesse m’expliquer ou prouver qu’elles ne sont pas équipées d’appareils photo… » (Justa Penguin) ou « Le problème, ce n’est pas l’appareil photo, mais les gens qui ne respectent aucune règle […] » (Anonymous Schildkrotus).

À l’heure actuelle, aucune interdiction effective des lunettes connectées n’est en vue, ni en Allemagne ni en Suisse, mais les débats sur la manière d’aborder ces produits sont certainement loin d’être clos.

Photo d’en-tête : Akarat Phasura / Shutterstock

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Daniel Borchers
Senior Communications Manager
Daniel.Borchers@galaxus.de

Un faible pour les bonnes séries, la musique forte, la science-fiction et le football (de deuxième division). En tant que responsable des relations publiques, je suis à la disposition des journalistes pour répondre à toutes leurs questions sur Galaxus et le commerce électronique honnête. 


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