Critique

« Moonlight Peaks » : un mignon petit vampire inoffensif qui jardine et qui cuisine

Franziska Behner-Thang
6/7/2026
Traduction : Marie-Céline Berthou

Qui veut sucer le sang des gens alors qu’on peut préparer une délicieuse soupe aux champignons ? Dans « Moonlight Peaks », j’incarne un vampire bien sage qui s’occupe de sa ferme, flirte et joue à des mini-jeux.

À mi-chemin entre Stardew Valley et une série de vampires un peu kitsch, Moonlight Peaks allie fantasy et jardinage. J’incarne une jeune vampire qui se dispute avec ses parents et s’enfuit. Après un bref échange de SMS avec ma mère, il devient évident que je ne reviendrai plus jamais et que je vais commencer ma nouvelle vie dans une ferme à Moonlight Peaks. Aussitôt dit, aussitôt fait. Peu après, on m’offre une cabane délabrée et un lopin de terre que je suis autorisée à cultiver.

Le gameplay de base de cette simulation agricole fonctionne comme la plupart des autres jeux du genre. Je me réveille, je m’occupe de ma maison et de ma ferme, j’extrais des ressources dans une grotte, je discute avec les autres habitants de la ville et j’accomplis de temps en temps de petites quêtes de collecte avant de m’écrouler de fatigue dans mon lit. On y retrouve le gameplay typique des jeux cosy bien connus :

Ma vie se déroule toutefois toujours la nuit, car je risque sans doute de me désintégrer à la lumière du soleil. Heureusement, mes voisins sont dans le même cas, car ce sont des voyants, des loups-garous et des sorcières qui détestent la lumière du soleil. Les magasins de la ville sont par conséquent souvent ouverts de 19h à minuit, après quoi tout le monde sort profiter de la nuit.

Les animaux de la ferme coûtent une fortune, mais ils sont tellement mignons !
Les animaux de la ferme coûtent une fortune, mais ils sont tellement mignons !

À mon avis, les horaires d’ouverture sont un peu justes. Arroser mes immenses champs, caresser mes vaches monstrueuses et remplir les machines de sang me prend énormément de temps. Après ça, je dois me dépêcher d’améliorer ma pioche, d’acheter de nouveaux vêtements ou de faire des courses. (À condition d’avoir gagné suffisamment d’argent.) Un passage par la boutique de magie Les Merveilles de Webb est un coup dur pour mon porte-monnaie, car les sorts coûtent très cher.

Je n’ai pas les moyens de faire magiquement apparaître des saisonniers, surtout au début. C’est précisément là que Moonlight Peaks déploie sa dynamique typique de simulation agricole : « Encore une nuit, et les fruits seront mûrs ; je pourrai vendre mes tartelettes à bon prix ». Je joue donc une journée de plus, je me transforme en chat agile et je me précipite vers la boutique de magie. J’y achète des sorts pour le travail aux champs ou des améliorations, comme une besace plus grande, bien utile dans mon quotidien à la ferme.

Certaines plantes ont besoin d’un peu de magie pour s’épanouir.
Certaines plantes ont besoin d’un peu de magie pour s’épanouir.

La vie dans Moonlight Peaks suit un rythme bien établi. Dès que le printemps et l’été sont passés, le froid s’installe. Heureusement, il existe des plantes (magiques) qui poussent en toute saison et me rapportent des fruits.

Plus je consacre de temps à ma ferme, plus mes produits sont de qualité et plus je gagne d’argent. Les plats élaborés, comme les sushis à base de poissons rares, d’algues séchées et de riz cuit, sont particulièrement lucratifs. Avant de pouvoir en profiter, je dois toutefois d’abord investir dans un livre de recettes de sushis, une station de séchage, une canne à pêche plus efficace et un plan de travail.

Pour obtenir tout cela, j’explore l’immense carte de Moonlight Peaks. Des surprises et des butins rares m’attendent à plusieurs endroits. Il y a aussi plein de grottes regorgeant de ressources dont j’ai besoin pour agrandir ma ferme. Pour me déplacer plus rapidement, je peux me transformer en chat et, un peu plus tard dans le jeu, en chauve-souris.

L’ambiance sonore est souvent inquiétante et évocatrice, mais la musique est totalement absente à certains endroits. Cela enlève une partie du charme du jeu. Les personnages ne sont pas doublés et les cinématiques sont également muettes. En revanche, les dialogues empreints d’un humour noir délicieux comptent parmi les points forts de Moonlight Peaks.

Cupidon réunit les amoureux à l’occasion de la fête de l’amour à Moonlight Peaks.
Cupidon réunit les amoureux à l’occasion de la fête de l’amour à Moonlight Peaks.

De brèves cinématiques s’affichent pour faire avancer l’histoire, surtout dans ma première année. Des fêtes ont lieu régulièrement, j’y apporte ma contribution sous forme de plats préparés ou de matériaux de qualité.

En contrepartie, des prix et des objets spéciaux sont disponibles à l’achat ce jour-là. L’histoire de Moonlight Peaks ne donne pas l’impression d’une grande fresque, mais plutôt un puzzle composé de petits récits. J’interviens régulièrement pour mettre fin à des disputes, pour m’expliquer avec une sorcière arrogante et pour résoudre les problèmes des citoyens.

Les interactions avec les personnages surnaturels permettent d’améliorer ma relation avec eux. Une simple connaissance se transforme en amitié et, dans le meilleur des cas, peut déboucher sur un mariage. Je peux même flirter avec la Mort en personne ! Pour ce faire, il faut jouer au mini-jeu de cartes Nokturna. Chacun joue successivement trois cartes aux valeurs les plus élevées possibles. La personne qui marque le plus de points gagne.

Ce qui semble simple au début devient plus compliqué avec le temps. Certaines cartes ont des effets qui me font perdre des points ou m’empêchent de jouer. Pour réussir sur le long terme, j’ai besoin de nouvelles cartes pour mon deck, que je trouve soit par hasard, soit en récompense des duels remportés. La quête de victoires et de nouvelles cartes fait passer le temps à toute vitesse.

Nokturna est l’un des nombreux mini-jeux de « Moonlight Peaks ».
Nokturna est l’un des nombreux mini-jeux de « Moonlight Peaks ».

Le côté sombre de « Moonlight Peaks »

Je passe hélas un temps effroyable devant les écrans de chargement qui gâchent vraiment le plaisir de jouer à Moonlight Peaks. Il faut compter entre six et dix secondes à chaque fois que je quitte la ferme, que j’entre dans la grange ou dans une boutique et à chaque changement d’écran. Que c’est énervant !

Si seulement les développeurs affichaient au moins des conseils utiles… mais ce n’est pas le cas. On voit juste une petite créature sautiller. Cette dernière apparaît d’ailleurs dans une quête de récupération extrêmement agaçante où je dois rassembler 100 de ses semblables et les ramener à leur nid. Hélas, je ne peux ni les mettre dans ma besace, ni en transporter plusieurs en même temps.

Chacune de ces petites créatures insiste pour être portée individuellement jusqu’à la maison et malheur à moi si je la pose par terre ! Elle file alors tout droit dans sa cachette et je dois tout recommencer. L’enfer.

J’ai testé « Moonlight Peaks » sur Nintendo Switch 2. Le jeu est aussi sorti le 7 juillet 2026 sur Nintendo Switch, PC et Google Play Store.

Je vends toute ma production via la boîte d’expédition. Elle aussi adore les caresses !
Je vends toute ma production via la boîte d’expédition. Elle aussi adore les caresses !

Bilan

« Moonlight Peaks » propose un cosy game dans un monde fantasy

Je peux mettre des chapeaux aux animaux de ma ferme ! Et ça, c’est important. Ils ont l’air aussi mignons que ridicules. Un grand soin a été apporté à Moonlight Peaks. Malgré leurs traits de caractère parfois prévisibles, les personnages font écho à certains problèmes sociétaux. Les sujets abordés vont de l’abus de drogues et d’alcool au narcissisme et aux problèmes relationnels. Le tout s’affiche dans un graphisme chibi stylisé avec une petite touche de film d’horreur.

Si vous aimez les jeux de gestion agricole, Moonlight Peaks vous plaira certainement. Le monde fantasy de vampires apporte une touche originale avec des plantes farfelues et des animaux effrayants. Grâce à la baguette magique, je débloque petit à petit de nouvelles fonctionnalités, ce qui permet de prolonger la dynamique du gameplay.

Les conversations interminables, les nombreuses séquences narratives et les écrans de chargement insupportables mettent en revanche ma patience à rude épreuve. Malgré tout, je me surprends sans cesse à vouloir faire quelque chose « juste vite fait » et, une heure plus tard, je suis toujours en train de jouer. C’est sans doute le plus beau compliment que je puisse faire à un jeu de simulation agricole.

Pro

  • le gameplay de cosy farming fonctionne à merveille
  • un univers fantastique rafraîchissant
  • des personnages complexes
  • plein de petites histoires qui mettent de bonne humeur
  • des plantes et des animaux farfelus s’inscrivant dans le lore

Contre

  • des écrans de chargement trop fréquents et trop longs
  • des dialogues interminables
  • la musique et les effets sonores ne sont pas toujours une réussite
  • des itinéraires parfois discutables

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Petite, je n’avais ni Gameboy ni Super Nintendo. Ce n’est donc qu’à quinze ans que j’ai découvert l’univers du jeu vidéo. Depuis, je tente de combler mon retard par tous les moyens. Mais lorsque je vois le nombre de nouvelles sorties augmenter d’année en année, j’ai l’impression que toute l’industrie s’est liguée contre moi. 


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