
En coulisse
Les photos gagnantes des Sony World Photography Awards 2025
par Samuel Buchmann

Le plus grand concours de photographie professionnel au monde récompense des œuvres dans différentes catégories. Citlali Fabián remporte cette année le premier prix pour sa série consacrée aux femmes issues des communautés autochtones d’Oaxaca.
La Mexicaine Citlali Fabián remporte le titre de « Photographe de l’année 2026 » aux Sony World Photography Awards, un prix doté de 25 000 dollars américains. Elle a été sélectionnée parmi les dix lauréats des catégories professionnelles. Lors de la cérémonie de remise des prix à Londres, le jury a également rendu hommage au légendaire photographe de rue américain Joel Meyerowitz pour l’ensemble de son œuvre.

Au total, 430 000 œuvres ont été soumises lors du concours de cette année, un record. Les Sony World Photography Awards, qui en sont à leur 19e édition, constituent le plus grand concours de photographie au monde. Les photos ont été évaluées par un jury professionnel de l’organisation Creo. La participation est gratuite.
En cliquant sur ce lien, vous trouverez toutes les séries de photos des trois premiers classés dans chacune des catégories professionnelles. Cliquez ici pour accéder à toutes les galeries. Les œuvres des finalistes sont exposées jusqu’au 4 mai à la Somerset House à Londres.

Citlali Fabián est une artiste plasticienne issue de la communauté autochtone des Yalalteca au Mexique, qui vit actuellement à Londres. À travers sa photographie, elle explore les questions d’identité et leurs liens avec le territoire, la migration et les liens communautaires. Le projet Bilha, Stories of my Sisters associe des portraits photographiques à des illustrations numériques.

Cette série raconte l’histoire de femmes emblématiques issues des communautés autochtones de l’État mexicain d’Oaxaca. Celles-ci mènent avec succès des actions dans divers domaines, tels que le droit, la linguistique, l’art et l’écologie. Ce projet vise à inspirer les jeunes filles en leur proposant des modèles positifs. Les images mettent en avant tant les réalisations de ces femmes que leurs expériences de vie et leurs motivations. Les dessins numériques superposés sont composés de symboles et de motifs qui reflètent les parcours personnels des femmes représentées et rendent hommage à leur héritage culturel.
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En 2023, le taux de natalité en Corée du Sud a atteint un niveau historiquement bas, avec 0,72 enfant par femme. À la place, plus de six millions de foyers tentent de compenser l’absence d’une vie de famille en adoptant des animaux de compagnie. Seungho Kim, photographe résidant à Séoul, et sa femme ont un chien et ont eu un enfant à l’âge de 40 ans alors qu’ils n’en attendaient plus et se sont ainsi retrouvés soudainement à quatre dans un petit appartement.

Le projet de Seungho Kim, Sunny Side Up : un portrait de l’éducation coréenne la plus ordinaire d’aujourd’hui, montre sa vie de famille intense, joyeuse et parfois chaotique. La relation entre l’enfant et le chien oscille entre rivalité et amitié.
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Né en Nouvelle-Zélande, Todd Antony vit à Londres et s’est spécialisé dans la photographie de groupes marginaux méconnus. Buzkashi est un projet consacré à un sport ancestral pratiqué au Tadjikistan. Il s’agit d’une sorte de polo, mais en plus rude, où l’on utilise une carcasse de chèvre comme « balle ». Il n’y a ni équipes ni règles. Le but est de s’emparer de la carcasse, de la garder et de l’amener jusqu’à une ligne d’arrivée définie.

Ce jeu trouve ses origines dans les cultures nomades d’Asie centrale, où la force physique et les compétences en équitation constituent des critères importants d’identité. Depuis des siècles, les Chapandaz (cavaliers) se jettent dans la mêlée chaotique où s’entremêlent sabots et corps, dans une lutte pour la gloire et l’honneur.
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Le Colombien Santiago Mesa s’intéresse particulièrement aux problèmes sociaux. Pour sa série Under the Shadow of Coca , il s’est rendu dans une région rurale du département de Putumayo. Là-bas, la plupart des familles ont peu de perspectives économiques. La seule possibilité d’obtenir un revenu stable est de travailler dans les champs de coca illégaux.

La présence de l’État y est quasi inexistante ; le territoire est contrôlé par le groupe armé Comandos de la Frontera. La plupart des producteurs locaux ne sont pas des criminels, mais de pauvres agriculteurs et les profits du trafic de drogue sont empochés ailleurs.
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Entre le décès d’un pape et l’élection du suivant, des foules se rassemblent sur la place Saint-Pierre au Vatican. Cet événement est à la fois un rituel sacré et un spectacle mondial. De nombreux participants affichent ouvertement leurs prières et leurs drapeaux, pleinement conscients de la présence de nombreuses caméras et des médias.

Le couple de photographes italiens Jean-Marc Caimi et Valentina Piccinni a réalisé à cette occasion une série de portraits pour le journal allemand Die Zeit. The Faithful met en scène des croyants du monde entier sous un éclairage vif et sans filtre.
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Le prix de la photographie de paysage de cette année est décerné à une œuvre qui réinterprète cette catégorie : pour Constructed Landscapes, l’artiste londonienne Dafna Talmor réalise à la main des collages abstraits à partir de négatifs analogiques colorés. Les lieux ne sont pas indiqués afin d’exclure toute association personnelle ou politique.

Au contraire, Talmor cherche délibérément à créer des « images universelles et non spécifiques », des espaces utopiques et idéalisés où réalité et imagination se confondent. Cette série primée est la dernière en date d’un projet qui dure depuis plusieurs années déjà.
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Crossing Point, de Will Burrard-Lucas, compte parmi les œuvres les plus impressionnantes de cette année. Pendant plusieurs mois, ce photographe animalier britannique a installé un piège photographique, équipé d’un éclairage professionnel, près d’un gué dans la réserve naturelle du Masai Mara, au Kenya. Ce dispositif a permis de capturer des animaux dans leur habitat naturel, en totale absence d’êtres humains. Cliquez ici pour découvrir la série complète.
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Dans notre imagination, les forêts sont généralement synonymes de végétation à l’état pur. Pourtant, elles ont toujours été habitées et façonnées par les humains et les animaux. Pour son projet Notes on How to Build a Forest, l’Équatorienne Esadora Romera a combiné des approches documentaires et expérimentales afin de remettre en question notre image collective des forêts.

Les photos ont été prises à Mache Chindul et Yunguilla, deux régions d’Équateur où l’histoire des villages et celle des forêts sont étroitement liées. Romera a utilisé divers appareils, notamment un sténopé, une caméra thermique et un appareil infrarouge.
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Comment s’exprimer lorsque la liberté d’expression est bafouée ? La Norvégienne Vilma Taubo a rassemblé, pour son projet Talking Without Speaking, des objets du quotidien devenus des symboles de protestation. Chacun de ces objets est lié à un événement historique ou à un combat pour les droits. Certains de manière intentionnelle, d’autres plutôt par hasard.
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Dans la région de Haor, au Bangladesh, les habitants construisent leurs maisons sur des collines qui se transforment en îles pendant la mousson. Les habitations se retrouvent alors entourées par les eaux et ne sont accessibles qu’en bateau. La photographe locale Jay Sah immortalise cette architecture dans une série de clichés aériens.

Sous cet angle, les villages ressemblent parfois à des motifs abstraits. Aux maisons et aux routes surélevées s’ajoutent des espaces soigneusement aménagés pour le bétail. Homes of Haor montre comment les gens font face aux conséquences du changement climatique et adaptent leur vie quotidienne à ces nouvelles réalités.
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Le prix « Open Photographer of the Year » récompense des œuvres qui racontent toute une histoire en une seule image et c’est exactement ce que réussit Elle Leontiev avec The Barefoot Volcanologist. La photo montre Phillip, un volcanologue autodidacte de renommée internationale, sur l’île de Tanna, au Vanuatu. Il guide régulièrement des chercheurs sur le volcan. Sa combinaison de protection lui a été offerte par des visiteurs.

À Green Model Town, au Bangladesh, les rivières, les canaux et les prairies sont recouverts de béton alors qu’autrefois, c’étaient des lieux de convivialité. À travers ses photos, Jubair Ahmed Arnob revisite ces souvenirs.

Pendant trois ans, Arnob a photographié ces paysages en voie de disparition dans un style onirique et surréaliste. Il souhaite montrer comment l’urbanisation peut anéantir la nature et les lieux de vie, mais que les communautés persistent malgré tout.
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Lorsqu’un incendie s’est déclaré à l’Académie royale des beaux-arts, dans le centre de Stockholm, les pompiers ont tenté de sauver les œuvres d’art des flammes. Philip Kangas, un Suédois de 17 ans, a immortalisé cette scène dans une photo prise avec un timing parfait.

Le prix « Outstanding Contribution to Photography 2026 » est décerné au célèbre photographe new-yorkais Joel Meyerowitz. Son œuvre, qui s’étend sur plus d’un demi-siècle, se distingue par une immense diversité. Ses clichés témoignent d’une fascination pour la vie et d’un instinct remarquable pour la composition, à la fois révélatrice et énigmatique.

Au fil des années, Meyerowitz a fait des photographies dans le monde entier. Ses scènes de rue à New York, Paris et Malaga, notamment, sont très connues. Peu après les attentats terroristes contre le World Trade Center, il a été le seul photographe à obtenir l’accès aux opérations de déblaiement et à les documenter.
Cliquez ici pour accéder au site Internet de Joel Meyerowitz.

Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse.
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