En coulisse

iPhone 18 Pro : l’ouverture variable passée au crible

Samuel Buchmann
18/9/2026
Traduction : Stéphanie Casada

Le nouvel iPhone dispose d’une fonctionnalité que l’on retrouve habituellement sur les appareils photo haut de gamme. Sans être à la hauteur des promesses grandiloquentes d’Apple, l’ouverture variable présente néanmoins quelques atouts.

L’iPhone 18 Pro dispose d’une ouverture variable, « la plus grande avancée photo depuis des années » selon la keynote d’Apple (en anglais). Elle promet une meilleure maîtrise de l’exposition et de la profondeur de champ, pour repousser les limites de la créativité. Ouaouh ! Ça a l’air génial.

Mais qu’en est-il réellement de cette promesse marketing ? J’ai examiné cette fonctionnalité de plus près. Ma première impression est mitigée. Dans la plupart des situations, l’ouverture variable ne fait aucune différence, mais elle conserve malgré tout une certaine utilité.

Techniquement, l’ouverture variable, avec ses lamelles ultrafines, est impressionnante.
Techniquement, l’ouverture variable, avec ses lamelles ultrafines, est impressionnante.

Très peu de contrôle sur la profondeur de champ

Toute personne familière avec la photographie connaît le principe de l’ouverture variable sur les appareils photo classiques : grâce à un mécanisme composé de plusieurs lamelles, l’ouverture de l’objectif peut être agrandie ou réduite. Cet objectif à ouverture variable est incontournable sur les gros appareils photo. En effet, elle y remplit deux fonctions clés :

  1. Régulation de l’exposition : lorsque vous photographiez en plein soleil, un objectif entièrement ouvert laisse entrer une telle quantité de lumière que l’obturateur de l’appareil ne peut pas exposer le capteur assez brièvement. La photo serait donc surexposée. L’ouverture du diaphragme résout ce problème.
  2. Réglage de la profondeur de champ : lorsque l’ouverture augmente, la zone de netteté se resserre. C’est souvent l’effet recherché pour mettre en valeur le sujet au premier plan et le détacher de l’arrière-plan, par exemple, pour les portraits. Dans d’autres cas, en revanche, la photo doit être nette du premier plan à l’arrière-plan, comme en photographie de paysage. L’ouverture variable permet de contrôler la profondeur de champ.
Avec un appareil photo plein format (ici le Sony Alpha 7R V), la différence entre une grande ouverture (ƒ/2,8 à gauche) et une petite ouverture (ƒ/22, à droite) est clairement visible. Avec une longueur focale de 24 mm (correspondant au même angle de champ que celui de l’iPhone 18 Pro), la différence reste toutefois faible, même ici.
Avec un appareil photo plein format (ici le Sony Alpha 7R V), la différence entre une grande ouverture (ƒ/2,8 à gauche) et une petite ouverture (ƒ/22, à droite) est clairement visible. Avec une longueur focale de 24 mm (correspondant au même angle de champ que celui de l’iPhone 18 Pro), la différence reste toutefois faible, même ici.

Sur un smartphone, ces fonctions sont en grande partie superflues. Cela est dû au capteur d’image minuscule (1/12e de la surface d’un capteur plein format) doté d’un obturateur électronique. Ce dernier permet d’obtenir des vitesses d’obturation suffisamment courtes, même en plein soleil avec un objectif à pleine ouverture. Il n’est donc pas nécessaire d’utiliser une ouverture variable pour obtenir une exposition correcte.

Le petit capteur implique en outre une profondeur de champ naturellement très importante, en particulier avec un objectif grand-angle comme celui de l’appareil photo principal de l’iPhone (équivalent 24 mm en plein format). Avec une ouverture maximale de ƒ/1,48, on obtient une profondeur de champ globalement comparable à celle d’un ƒ/5,2 sur un appareil photo plein format. Les photos restent nettes de l’avant-plan à l’arrière-plan, à moins de s’approcher très près du sujet. Le nouveau diaphragme ne peut qu’élargir le plan de netteté, mais pas le réduire. Les flous prononcés (appelés « bokeh ») doivent donc toujours être créés numériquement à l’aide du « mode portrait ».

Photos HEIC non retouchées prises avec l’appareil photo principal de l’iPhone 18 Pro. À gauche avec ƒ/1,48, à droite avec ƒ/4.
Photos HEIC non retouchées prises avec l’appareil photo principal de l’iPhone 18 Pro. À gauche avec ƒ/1,48, à droite avec ƒ/4.

La promesse marketing d’un « meilleur contrôle de l’exposition et de la profondeur de champ » n’est donc pas, à strictement parler, un mensonge, mais les avantages sont nettement moins importants sur un smartphone que ce qu’Apple laisse entendre.

Deux mini-applications

Cette fonctionnalité a malgré tout deux utilités. Tout d’abord, l’ouverture variable permet de créer volontairement des poses longues pour exploiter le flou de mouvement, mais uniquement lorsque la luminosité ambiante reste dans une plage assez restreinte. L’ouverture de l’iPhone peut varier de ƒ/1,48 à ƒ/4 tout au plus. En extérieur, pendant la journée, la vitesse d’obturation reste bien trop courte, même à ƒ/4. Lorsqu’il y a très peu de lumière, en revanche, cela ne change rien : vous ouvrirez de toute façon complètement le diaphragme. C’est surtout au crépuscule qu’elle peut, dans certains cas, faire une légère différence.

Cette prise de vue n’aurait pas été possible sans une ouverture variable : 1/8 de seconde, ƒ/4, ISO 64.
Cette prise de vue n’aurait pas été possible sans une ouverture variable : 1/8 de seconde, ƒ/4, ISO 64.

De manière similaire, le deuxième avantage est lui aussi limité : les vidéos paraissent plus naturelles lorsque la vitesse d’obturation de chaque image est environ deux fois plus rapide que la cadence d’images, par exemple 1/60 de seconde pour une fréquence de 30 images par seconde (FPS). La raison en est que, lorsqu’il s’agit de vidéos, notre œil s’attend à un certain flou de mouvement. Ici aussi, l’ouverture variable peut, dans certaines conditions de lumière, faire toute la différence entre une vitesse d’obturation de 1/250 de seconde et 1/60 de seconde. Dans la plupart des cas, vous aurez toutefois encore besoin d’un filtre ND si vous souhaitez conserver ce réglage.

La raison cachée

La principale raison pour laquelle Apple a probablement introduit l’ouverture variable est simple : offrir un objectif plus lumineux, sans que les inconvénients ne prennent le dessus sur les avantages.

L’appareil photo principal du modèle précédent est équipé d’un objectif à ouverture fixe de ƒ/1,78. L’ouverture maximale du nouvel iPhone 18 Pro est de ƒ/1,48, ce qui représente un écart d’environ une demi-valeur d’exposition. Autrement dit, l’objectif peut capter environ 50 % de lumière en plus à pleine ouverture.

Cette intensité lumineuse plus élevée présente des avantages le soir ou dans les pièces peu éclairées. Dans ce cas, l’appareil photo doit augmenter la sensibilité du capteur (ISO) afin que la vitesse d’obturation soit suffisamment rapide et que la photo reste nette. Cela génère du bruit numérique et réduit la qualité de l’image. Ou bien le smartphone passe en mode nuit, et vous devez garder l’appareil parfaitement immobile pendant plusieurs secondes. À ƒ/1,48, l’appareil photo peut maintenir une valeur ISO plus basse qu’à ƒ/1,78. Ou alors, vous n’aurez pas besoin de tenir l’iPhone immobile aussi longtemps. Dans la pratique, la différence est toutefois minime.

Voici deux photos RAW prises en basse lumière avec l’iPhone 18 Pro : l’une à ƒ/1,48, l’autre à ƒ/1,78.
Voici deux photos RAW prises en basse lumière avec l’iPhone 18 Pro : l’une à ƒ/1,48, l’autre à ƒ/1,78.
À ƒ/1,48 (à gauche), l’image présente légèrement moins de bruit, grâce à une sensibilité ISO plus faible (ISO 1 000) qu’à ƒ/1,78 (à droite, ISO 1 600). En pratique, l’écart ne devient perceptible qu’à un niveau de zoom très important.
À ƒ/1,48 (à gauche), l’image présente légèrement moins de bruit, grâce à une sensibilité ISO plus faible (ISO 1 000) qu’à ƒ/1,78 (à droite, ISO 1 600). En pratique, l’écart ne devient perceptible qu’à un niveau de zoom très important.

Le problème d’une plus grande luminosité, c’est qu’elle entraîne davantage de reflets internes dans l’objectif, ce qui réduit la netteté, en particulier sur les bords de l’image. Sur les objectifs des appareils photo plus volumineux, ce phénomène est compensé par des constructions optiques complexes. Dans un smartphone, l’espace manque pour mettre en œuvre ce type de construction.

Ce compromis prend tout son sens par faible luminosité. Une faible sensibilité ISO compte davantage qu’un gain de netteté. Dans de bonnes conditions d’éclairage, l’objectif de l’iPhone, doté d’une ouverture de ƒ/1,48, serait toutefois moins performant que celui de son prédécesseur. Dans ce cas, la sensibilité ISO est déjà au minimum ; il ne reste donc que l’inconvénient d’une moindre netteté.

Dans les coins de l’image, le RAW de l’iPhone 18 Pro à ƒ/1,48 (à gauche) perd clairement en netteté. La meilleure qualité est obtenue à ƒ/2,8 (à droite).
Dans les coins de l’image, le RAW de l’iPhone 18 Pro à ƒ/1,48 (à gauche) perd clairement en netteté. La meilleure qualité est obtenue à ƒ/2,8 (à droite).

C’est précisément ce problème que résout l’ouverture variable : en cas de faible luminosité, l’appareil photo peut l’ouvrir et n’a donc pas besoin d’augmenter autant la sensibilité ISO. Lorsque la lumière est suffisante, l’ouverture se réduit et l’image retrouve un niveau de netteté comparable à celui de l’iPhone 17 Pro. Tout le monde y gagne.

Conclusion : un tout petit peu mieux

Au final, l’iPhone 18 Pro prend bien de meilleures photos que son prédécesseur dans certaines situations. Dans certains cas d’usage très spécifiques, il offre également des possibilités supplémentaires, mais vous devrez chercher ces différences à la loupe, et la « plus grande maîtrise de l’exposition et de la profondeur de champ » reste largement illusoire.

De façon réaliste, l’ouverture variable n’offre en pratique que des avantages très limités.
De façon réaliste, l’ouverture variable n’offre en pratique que des avantages très limités.

S’agit-il de « la plus grande avancée photo depuis des années » ? En tout cas, pas pour moi. L’iPhone 18 Pro suit plutôt la même tendance que ses prédécesseurs : les avancées sont, en soi, minimes. Si vous possédez déjà un iPhone 17 Pro, l’ouverture variable ne justifie pas à elle seule l’achat de l’iPhone 18 Pro, même si vous êtes passionné de photographie. Ce n’est qu’au fil de plusieurs générations que les améliorations s’additionnent pour donner des images sensiblement meilleures.

Un test approfondi de l’iPhone 18 Pro, au-delà de la nouvelle ouverture variable, sera publié dans les prochaines semaines. Si vous ne voulez pas le manquer, suivez-moi en tant qu’auteur.

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Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse. 


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