Joel Brändle
En coulisse

Prendre des notes, rester concentré, progresser : mon déclic en cours

Joel Brändle
7/9/2026
Traduction : Stéphanie Casada

En trois semestres, ma façon de prendre des notes a complètement évolué : du clavier au stylet, jusqu’au moment où mes notes prennent désormais forme avant même le cours. L’appareil n’a jamais été le problème.

Le quotidien d’un étudiant, c’est souvent simple en apparence : assis en amphithéâtre, à essayer de suivre et de prendre des notes en même temps. Parfois, les informations fusent de toutes parts, parfois, le cours a l’effet d’un somnifère. Dans les deux cas, ma concentration s’évapore vite. Puis, des informations cruciales ou des chiffres essentiels sont donnés… mais je n’ai pas le temps de les noter, distrait par des jeux sur smartphone comme BlockBlast ou HayDay.

Ai-je le mauvais matériel ? Est-ce pour cela que je n’arrive pas à me concentrer ? Les avis sur le matériel ne manquent pas : une tablette avec stylet serait bien meilleure qu’un bloc-notes, telle application offrirait bien plus de fonctions que telle autre, la sensation du papier serait irremplaçable, sans oublier la faible autonomie de certains appareils. Mais au fond, tout cela importe peu. Le problème n’a jamais été le matériel ou le logiciel utilisé, ce qui compte réellement, c’est la stratégie.

Précision importante : il faut souvent tester différentes choses et développer vos propres méthodes pour trouver ce qui vous convient. Il m’a fallu trois phases pour trouver la mienne, que j’ai finalement améliorée afin de faciliter la gestion quotidienne de mes études.

Phase 1 : le clavier pour une efficacité maximale, mais un effet minimal

Au départ, je travaillais avec un ordinateur portable et un clavier : j’écoutais, je tapais et seulement ensuite je faisais le résumé. Pour la prise de notes pure, le clavier surpasse tout le reste. J’arrive sans difficulté à suivre, quelle que soit la vitesse à laquelle les enseignants parlent. À la fin du cours, je me retrouve avec un document qui ressemble presque à une transcription mot à mot de ce qui a été dit. Sauf que l’effet sur l’apprentissage est nul.

Pourquoi ? J’ai compris qu’en tapant, je n’écoutais pas vraiment : je transcrivais. La phrase entrait par l’oreille et passait directement dans les doigts, sans s’arrêter en chemin. Rien ne restait en mémoire. À cela s’ajoutait le fait que je ne filtrais ni ne hiérarchisais quoi que ce soit. Je pouvais tout consigner sans difficulté. Mais huit pages de texte pour seulement deux heures de cours, c’était beaucoup trop pour réviser efficacement.

Mes notes d’un cours de droit international.
Mes notes d’un cours de droit international.
Source : Joel Brändle

Phase 2 : j’écris à la main

Quand j’écris à la main, je suis bien plus lent qu’au clavier. Mais c’est justement là tout l’intérêt : je dois sélectionner, résumer, reformuler avec mes propres mots ce que j’entends. Ce qui finit sur la page est au moins passé une fois par mon cerveau. J’ai donc changé de méthode : je mets le PDF du cours sur ma tablette et j’ajoute mes notes manuscrites directement à côté.

Pour moi, cela a amélioré beaucoup de choses : une meilleure vue d’ensemble, moins de texte, et tout est sauvegardé numériquement. Autre avantage : mes notes numériques peuvent être modifiées. Si je fais une faute ou si je note quelque chose au mauvais endroit, je peux l’effacer ou le déplacer immédiatement. Et si, au cours de mes études, je dois retrouver une information, la fonction de recherche me permet de la retrouver en toute simplicité. Le meilleur, c’est zéro papier à gérer et un accès à mes notes depuis n’importe où, à condition qu’elles soient enregistrées dans le cloud.

Si vous voulez essayer cette méthode, vous devriez faire attention à deux choses. D’abord au stylet : un stylet actif avec détection de l’inclinaison et de la pression donne une sensation bien plus naturelle qu’un modèle qui trace toujours les mêmes lignes.

Comme je voyage beaucoup en train, j’ai choisi le Surface Laptop Studio 2 et le Slim Pen de Microsoft. Je trouve ces appareils 2-en-1 très pratiques, et ils ont une bonne autonomie. Grâce à son clavier solide, je peux rédiger facilement des textes et des e-mails, tout en profitant, d’un simple geste, d’une tablette pour mes notes manuscrites.

Image du produit Microsoft Surface Laptop Studio 2 (14.40", 512 Go, 16 Go, CH, Intel Core i7-13700H)
Ordinateur portable
Dans notre showroom
CHF1821.–

Microsoft Surface Laptop Studio 2

14.40", 512 Go, 16 Go, CH, Intel Core i7-13700H

Image du produit Microsoft Surface Slim Pen 2 (Retail)
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CHF96.–

Microsoft Surface Slim Pen 2 (Retail)

Le choix de l’écran est tout aussi décisif : le verre est glissant. Un film de protection mat, comme le Paperlike, freine légèrement la pointe du stylet et offre une meilleure adhérence. Résultat : votre écriture est aussi plus lisible. Dépenser une trentaine de francs pour ne pas avoir l’impression d’écrire sur une surface de glace imprévisible, cela en vaut la peine.

Cela dit, ma routine de prise de notes a aussi ses limites. Parfois, les enseignants se contentent de lire les diapositives. Dans ce cas, il n’y a rien à ajouter, puisque l’information est déjà affichée.

Avec ma capacité d’attention, ce n’est pas une pause, c’est une invitation. Je me laisse souvent distraire. Concrètement : un cours se transformait en longue session de HayDay, avec des voix en arrière-plan. Et une fois que j’ai décroché, j’ai du mal à m’y replonger.

« HayDay » fait partie de mes distractions préférées pendant les cours. Dans ce jeu, je gère ma propre ferme : je récolte le blé, ramasse les œufs de mes poules et vends mes produits au marché.
« HayDay » fait partie de mes distractions préférées pendant les cours. Dans ce jeu, je gère ma propre ferme : je récolte le blé, ramasse les œufs de mes poules et vends mes produits au marché.
Source : Joel Brändle

C’est à ce moment-là que j’ai compris une chose : ma manière d’aborder le problème n’était pas la bonne, car je ne m’étais jamais demandé comment exploiter le temps pendant lequel rien de nouveau n’était dit.

Le virage matériel que je n’ai pas pris

Il existe une solution évidente au problème de la distraction : utiliser un appareil sur lequel il n’y en a tout simplement pas, pas de jeux par exemple. Les tablettes E-Ink comme la Remarkable Paper Pro sont conçues exactement pour cela : lire des PDF et les annoter au stylet. Rien d’autre. Pas d’App Store, pas de notifications, pas de jeux. Le plus petit modèle, la Remarkable Paper Pro Move, tient même dans la poche d’une veste.

J’ai finalement décidé de ne pas suivre cette voie, pour une raison très simple : au bout du compte, le téléphone reste toujours à portée de main. Même si je le range dans mon sac à dos, j’ai tendance à le ressortir. Un appareil sans distraction ne résout qu’une moitié de l’équation, puisque tant que l’autre moitié se trouve dans le sac, le problème n’est pas réglé.

Phase 3 : préparer au lieu de regretter après coup

Ma solution paraît banale, mais elle a rendu mon dernier semestre beaucoup plus simple. Désormais, je prends mes notes avant le cours, et non plus pendant. Cela demande beaucoup de discipline, mais c’est faisable.

Je travaille les supports avant que le cours n’ait lieu. Sur mon Surface, j’écris alors une sorte de liste à puces, manuscrite mais numérique. Ce ne sont pas des citations des diapositives, mais de courtes phrases qui m’expliquent leur contenu. Autrement dit : une consigne ou une théorie reformulée avec mes propres mots. Et si, en formulant, je remarque que je ne suis pas capable de l’expliquer, la lacune est déjà repérée.

Pendant le cours, les diapositives restent fermées. Je ne les ouvre tout simplement plus. Sur mon ordinateur portable, seule ma liste est affichée. Si l’enseignant ou l’enseignante lit les diapositives à voix haute, je ne rate rien, puisque je connais déjà le contenu : je l’ai déjà noté avec mes propres mots. Mon rôle dans la salle a changé : j’attends ce qui ne figure pas sur les diapositives. Les explications, les exemples, la mise en contexte, les remarques annexes.

C’est précisément ces petites informations-là que j’ajoute, à l’endroit où se trouvait mon espace vide. À la fin du cours, je n’ai pas huit pages de notes, mais une liste condensée, qui réduit la matière à l’essentiel et qui est déjà prête pour les révisions.

À gauche, mes notes résumant six diapositives d’un cours de macroéconomie.
À gauche, mes notes résumant six diapositives d’un cours de macroéconomie.
Source : Joel Brändle

Pourquoi cela me permet de rester concentré

L’effet secondaire a été, pour moi, plus important encore que l’effet sur l’apprentissage. Avec cette méthode, j’ai pour la première fois, pendant le cours, une mission qui n’est pas de « tout enregistrer », mais de « combler les espaces vides ». C’est une posture de recherche active. J’écoute autrement lorsque je sais ce que je cherche. Et dans les passages sans nouveauté, je me disperse moins, parce que j’attends quelque chose au lieu de rester simplement assis là.

Le prix à payer est, honnêtement, assez élevé : la préparation prend du temps, environ une demi-heure par cours. Cela peut sembler beaucoup, mais c’est largement moins de temps que celui que je passais à retravailler des comptes rendus inutilisables. Sans parler de la méthode consistant à suivre seulement les diapositives, où je me retrouvais ensuite avec des espaces vides parce que j’avais décroché. Et ce travail de rattrapage donnait en plus des résultats nettement moins bons.

Et au quotidien ou au travail ?

Ce principe s’applique tout aussi bien à la vie de tous les jours. Toute personne qui prend des notes en réunion connaît la situation : soit vous notez presque chaque mot, et personne ne lira finalement ce texte, soit vous décrochez dès que quelqu’un lit des diapositives que tout le monde a déjà.

Voici une manière plus simple de procéder : jeter un bref coup d’œil aux thèmes et aux documents avant la réunion. Si vous n’avez reçu aucun document, le mieux est de demander rapidement à votre supérieur, à la personne qui présente (ou à quiconque prendra la parole devant le groupe) s’il est possible d’obtenir les supports à l’avance. Cela vous aide et montre en plus que vous vous intéressez au sujet. Tout le monde y gagne.

Pour chaque point, vous pouvez ensuite écrire quelques lignes : de quoi il s’agit, ce que cela implique pour vous et ce qui reste flou. Pendant la réunion, vous n’ouvrez alors que ces notes-là et vous complétez uniquement ce qui est nouveau. Ce que vous obtenez à la fin est le résumé final, et non un long texte brut.

En somme, peu importe que vous écriviez sur une tablette, un appareil E-Ink ou un simple bloc-notes, ce qui compte vraiment, c’est ce que vous notez, à quel moment vous le notez et ce que vous choisissez de ne pas noter. Si vous réfléchissez déjà au sujet en amont et prenez des notes avant, vous maîtrisez mieux la matière, vous bénéficiez déjà d’une première révision du contenu, et vous n’avez plus qu’à ajouter ce qui vous manquait ou ce qui n’était pas encore clair.

Qu’est-ce qui vous aide le plus à lutter contre les distractions : le bon appareil ou la bonne méthode ? Et qu’est-ce qui a concrètement fonctionné pour vous ?

Photo d’en-tête : Joel Brändle

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