Test de produit

iPhone 18 Pro : rien de révolutionnaire

Samuel Buchmann
5/10/2026
Traduction : Rose-Hélène Moquet

Le nouveau smartphone d’Apple est doté d’une ouverture variable, d’une meilleure autonomie et d’une puce plus rapide. On y découvre également les débuts de Siri AI en version bêta. Des éléments plutôt positifs, mais qui ne justifient pas franchement un achat.

2026 est une année atypique pour l’iPhone. Lors de la Keynote de septembre, c’est le nouveau modèle pliable qui a retenu l’attention de tous. Un modèle « standard » ne sera disponible qu’au printemps. Seule constante : l’iPhone 18 Pro qui sortira, comme d’habitude, un an après son prédécesseur.

Après deux semaines passées avec ce nouveau smartphone, je ne suis ni déçu ni enthousiaste. J’achèterais sans aucun doute l’iPhone 18 Pro, mais seulement si mon ancien appareil était cassé ou avait plus de trois ans. Car au quotidien, les améliorations apportées d’une version à l’autre sont à peine perceptibles.

Design : nouvelles couleurs, Dynamic Island plus petite

Le nouveau modèle Pro a exactement le même aspect que l’ancien, seules les couleurs ont changé. J’apprécie la teinte « Polar » de mon appareil de test, moins sensible aux traces de doigts et aux rayures que le noir ou le bordeaux foncé. Personnellement, je préfère plutôt le côté intemporel et résistant du coloris argent.

Un bien bel appareil.
Un bien bel appareil.

Puisqu’on parle de couleurs, sachez que la coque TechWoven d’Apple est désormais disponible dans de nouvelles teintes. J’utilise la noire tous les jours depuis 1 an avec mon iPhone 17 Pro, et elle a toujours l’air comme neuve sans rayures ni traces d’usure sur le dos ou les côtés, et ce malgré plusieurs chutes sur des sols durs. Avec son toucher haut de gamme et sa légèreté, la coque TechWoven est la meilleure que j’ai eue jusqu’à présent.

Pour pouvoir réduire la Dynamic Island sur la face avant de l’iPhone 18 Pro, Apple a déplacé la caméra infrarouge de Face ID sous l’écran. Cette vidéo de rétro-ingénierie d’iFixit montre à quoi cela ressemble au microscope. Je ne suis pas sûr d’apprécier ce changement, Face ID me semble avoir perdu en fiabilité, surtout dans l’obscurité. Je ne peux toutefois pas le prouver de manière empirique.

Quand on y regarde de très près, on distingue la caméra infrarouge située sous l’écran, en haut à gauche, ainsi que le petit emplacement réservé au capteur de proximité, au projecteur infrarouge et à l’appareil photo frontal, au centre. Entre les deux, il est désormais possible d’afficher jusqu’à trois activités en direct.
Quand on y regarde de très près, on distingue la caméra infrarouge située sous l’écran, en haut à gauche, ainsi que le petit emplacement réservé au capteur de proximité, au projecteur infrarouge et à l’appareil photo frontal, au centre. Entre les deux, il est désormais possible d’afficher jusqu’à trois activités en direct.

L’avantage de cette Dynamic Island plus petite réside dans l’espace supplémentaire disponible à gauche et à droite de l’encoche. iOS l’utilise pour afficher jusqu’à trois activités en direct simultanément. Personnellement, j’en remarque rarement l’utilité. Les deux activités simultanées de l’iPhone 17 Pro me suffisaient.

Appareil photo : le logiciel prime sur l’ouverture

La fonctionnalité phare de l’iPhone 18 Pro est son ouverture variable censée offrir un « meilleur contrôle de l’exposition et de la profondeur de champ ». Elle y arrive, mais de façon marginale. Son véritable avantage réside dans le fait qu’Apple a pu intégrer un objectif plus lumineux sans que la netteté en pâtisse lorsque la luminosité est bonne. Pour ce qui est des autres appareils photo, rien n’a changé par rapport à l’iPhone 17 Pro.

Après deux semaines d’utilisation, je constate que je laisse quasi tout le temps l’ouverture en mode automatique. L’iPhone 18 Pro sélectionne alors généralement ƒ/1,8 ou ƒ/2,8, probablement parce que cette plage permet à l’objectif d’atteindre la meilleure netteté possible. Ce n’est que lorsque la luminosité est faible que l’appareil passe à ƒ/1,48. J’utilise parfois le réglage manuel lorsque je souhaite faire ressortir un peu plus un sujet de l’arrière-plan avec une ouverture de ƒ/1,48 sans utiliser le mode portrait, ou pour le « starburst » à ƒ/4, qui donne un effet très sympathique.

Si je photographie un sujet de près et que l’arrière-plan est suffisamment éloigné, j’obtiens un joli flou avec une ouverture de ƒ/1,48 (à gauche). L’ouverture ƒ/4 me permet de créer un effet « starburst » (à droite).
Si je photographie un sujet de près et que l’arrière-plan est suffisamment éloigné, j’obtiens un joli flou avec une ouverture de ƒ/1,48 (à gauche). L’ouverture ƒ/4 me permet de créer un effet « starburst » (à droite).

Qui dit objectif plus lumineux, dit meilleures photos de nuit. La différence par rapport à l’iPhone 17 Pro n’est pas énorme, mais tout de même perceptible. En mode nuit, Apple utilise la « photographie computationnelle », notamment en combinant plusieurs clichés individuels et en utilisant des filtres anti-bruit basés sur l’IA. Les résultats sont impressionnants. La sensibilité ISO élevée, le temps d’exposition de plusieurs secondes et la grande ouverture me permettent de capturer le clair de lune et les étoiles.

Photos HEIF non retouchées prises au clair de lune avec une ouverture de ƒ/1,48, une sensibilité ISO 16 000 et un temps d’exposition de 3,4 secondes.
Photos HEIF non retouchées prises au clair de lune avec une ouverture de ƒ/1,48, une sensibilité ISO 16 000 et un temps d’exposition de 3,4 secondes.

Apple a enrichi sa gamme de « styles photographiques » avec des réglages « Palette » (filtres de couleur et de contraste personnalisables) et « Texture » qui me permettent de choisir entre « Peau lisse », « Éclat » et « Film », et même ajouter un grain si je le souhaite. L’intensité de toutes les textures peut être réglée. Le floutage de la peau reste relativement subtil, mais je préfère le désactiver ou ne l’utiliser que ponctuellement. Le rendu « Film » accentue le contraste, et apporte un grain supplémentaire appréciable selon les scènes. Ces filtres étaient déjà disponibles dans d’autres applications, mais j’apprécie de pouvoir les utiliser de manière native sur mon téléphone.

La texture « Film » ajoute du contraste et du grain (à droite). À gauche, la photo d’origine.
La texture « Film » ajoute du contraste et du grain (à droite). À gauche, la photo d’origine.

iOS 27 propose également deux nouvelles fonctionnalités d’IA générative. L’outil « Étendre » me permet d’agrandir n’importe quelle photo. « Recadrage spatial » va encore plus loin et me permet de modifier l’angle de prise de vue après coup, comme si je m’étais physiquement déplacé vers un autre endroit au moment de prendre la photo.

Les fonctions « Étendre » et « Recadrage spatial » estompent les frontières entre la photographie et l’IA générative. Je peux déplacer la position de l’appareil photo vers le haut et zoomer en arrière (à gauche, l’image originale ; à droite, l’image retouchée). Le résultat est impressionnant de qualité.
Les fonctions « Étendre » et « Recadrage spatial » estompent les frontières entre la photographie et l’IA générative. Je peux déplacer la position de l’appareil photo vers le haut et zoomer en arrière (à gauche, l’image originale ; à droite, l’image retouchée). Le résultat est impressionnant de qualité.

Tout cela fonctionne bien mieux que je ne l’aurais cru, surtout dans les paysages où les zones retravaillées semblent d’un réalisme saisissant. Pour corriger la perspective, l’iPhone utilise sa carte de profondeur qui se sert d’algorithmes pour estimer la distance entre différents objets sur une photo en 2D. Le résultat n’est plus une « vraie » photo à proprement parler. Mais Apple reste prudent en matière de génération et ne me permet pas de modifier fondamentalement l’image. Pas d’effet « slop IA » ici. J’ai toutefois besoin d’une connexion Internet pour utiliser ces fonctionnalités, car le calcul dépasse les capacités du smartphone et s’effectue de manière cryptée dans le cloud d’Apple.

Siri AI : encore pas mal de retard à combler

Cela fait longtemps que j’attends la nouvelle Siri, très souvent reportée par Apple. Cette fois, ça y est. Enfin, presque : la version bêta est disponible en Suisse sur iOS 27, pour autant que la langue de votre iPhone soit en anglais. D’autres langues, dont le français, seront prises en charge dès le mois d’octobre. Rien n’est encore prévu pour l’allemand, et cela ne changera probablement que lorsque Apple aura réglé ses points de désaccord en matière de réglementation avec l’UE.

Après avoir utilisé Siri AI en anglais pendant deux semaines, j’en tire un bilan plutôt mitigé. Commençons par le positif : l’intégration du chatbot est très réussie. Je peux activer Siri à l’aide d’une commande vocale, en appuyant longuement sur le bouton de verrouillage ou en faisant glisser la Dynamic Island vers le bas. Si j’appuie longuement sur le bouton de contrôle de l’appareil photo, celui-ci s’ouvre en mode IA et analyse immédiatement le contenu de l’image. Comme Siri a accès à ce qui s’affiche sur mon écran, je peux lui poser des questions à ce sujet où que je sois. Le passage d’un simple glissement du doigt de la petite bulle d’aperçu à l’application dédiée est tout aussi élégant et fluide.

Siri se trouve dans la Dynamic Island. Si je la fais glisser vers le bas, j’accède directement à l’application.
Siri se trouve dans la Dynamic Island. Si je la fais glisser vers le bas, j’accède directement à l’application.

Siri me comprend mieux et a appris à faire plus de choses. Elle peut répondre de manière relativement fiable à des questions simples de culture générale en effectuant des recherches sur Internet. Je peux également lui poser des questions dans l’application. Nouveauté très appréciable, l’assistante vocale comprend enfin les instructions multiples du genre « Ajoute "réunion d’équipe" demain à 16 h dans mon calendrier et envoie les détails à Florian Bodoky via WhatsApp ».

Il est toutefois difficile d’oublier qu’il s’agit là d’une version bêta. Siri semble être à des années-lumière de Claude ou ChatGPT. Si la concurrence est capable de corriger les mots mal reconnus avec le contexte, Siri a souvent besoin que je répète mes commandes avant de bien comprendre ce que je veux dire. Elle a aussi du mal à me laisser finir ma phrase. Si je fais la moindre pause en parlant, elle lance directement le traitement, et tant pis si je comptais ajouter une autre instruction ou si j’avais besoin d’un instant pour réfléchir.

Les tâches simples, comme rechercher des recettes et établir des listes de courses, fonctionnent bien.
Les tâches simples, comme rechercher des recettes et établir des listes de courses, fonctionnent bien.

Il lui arrive également de se bloquer complètement ou de ne pas savoir faire certaines choses qui me semblent simples. Par exemple, quand je lui dis « Amène-moi aux paramètres qui me permettent de modifier la sonnerie de cet iPhone », elle répond « Désolée, je ne peux pas faire ça », ou « Je n’ai pas compris », alors que la commande vocale a bien été enregistrée. Elle ne semble pas non plus avoir indexé mes e-mails et rendez-vous, puisqu’elle s’avère incapable d’y trouver quoi que ce soit.

Siri est moins bavarde que Gemini, Claude ou ChatGPT. Elle ne me pousse pas à discuter de manière artificielle, ce que j’apprécie, tout comme les principes d’Apple en matière de protection des données. Mais au final, tout cela ne sert à rien si l’IA commet trop d’erreurs, ce qui est le cas de Siri actuellement. Espérons que les futures mises à jour sauront la rendre plus compétente.

La puce : un bond en avant pour pas grand-chose

Loin d’être un expert en puces pour smartphone, je sais cependant reconnaître les progrès techniques. Mais même après plusieurs années, les iPhone restent suffisamment réactifs pour que je ne remarque pas de grande différence lorsque je passe à une nouvelle génération. La situation est un peu différente cette fois-ci, notamment à cause des fonctions IA que j’ai évoquées plus tôt.

Certaines fonctionnent en local et nécessitent une puissance de calcul. Plus il y en a à disposition, plus Siri peut travailler de manière rapide. Selon la tâche, cela prend souvent une demi-seconde de moins que sur l’iPhone 17 Pro. Cela peut sembler peu, mais ça se ressent vraiment, surtout lorsque l’on compare les modèles.

Les tests de performance montrent le bond en avant de l’A20 Pro par rapport à la puce précédente. Dans Geekbench 7, le processeur est 28 % plus performant (première diapo du graphique ci-dessus) et le GPU 41 % (deuxième diapo). Sur les tests utilisant le ray tracing, comme le Solar Bay Extreme de 3DMark, l’amélioration atteint même 46 % (troisième diapositive). Si vous jouez à des jeux aux graphismes sophistiqués, vous devriez nettement sentir la différence.

Le nouveau Neural Engine dispose de deux fois plus de cœurs que celui de l’A19 Pro, ce qui permet au « Single Precision Score » de Geekbench d’augmenter de 32 % (quatrième diapositive), et de 41 % pour le « Quantized Score » (cinquième diapositive). Ce dernier simule le mieux la charge de travail typique des assistants intégrés aux appareils, tels que Siri AI.

Batterie : vers l’infini et au-delà

L’A20 Pro est plus rapide, mais aussi plus efficace. Cela se remarque notamment au niveau de l’autonomie qui avait déjà été améliorée sur le précédent modèle. L’iPhone 18 Pro tient un peu plus longtemps, bien que sa batterie ait pratiquement la même capacité (4056 mAh contre 3988 mAh). En utilisation modérée, je n’ai besoin de le recharger qu’au bout de deux jours. Si j’utilise Google Maps, Siri AI et que je prends beaucoup de photos et de vidéos, la batterie se vide plus vite mais tient tout de même toute une journée.

Neuf, l’iPhone 18 Pro dispose d’une très longue autonomie.
Neuf, l’iPhone 18 Pro dispose d’une très longue autonomie.

L’ampleur de la différence par rapport aux modèles précédents ou à ceux d’autres fabricants dépend fortement de l’utilisation que l’on fait de l’appareil. Les tests comparatifs réalisés par différents sites donnent différents résultats. Tous s’accordent toutefois à reconnaître que l’iPhone 18 Pro et l’iPhone 18 Pro Max offrent une meilleure autonomie que leurs prédécesseurs. Mais dans certains tests, le 18 Pro atteint presque le niveau du 17 Pro Max ou ne fait que légèrement mieux que le 17 Pro.

Bilan

Le cycle des mises à niveau s’allonge

L’iPhone 18 Pro est-il un super smartphone ? Oui. Représente-t-il une vraie amélioration par rapport à son prédécesseur ? Non. La batterie tient un peu plus longtemps, la qualité de l’appareil photo est légèrement meilleure et le processeur exécute les tâches complexes plus rapidement. Tout cela n’est perceptible qu’en comparaison directe, d’autant plus que la plupart des nouveautés logicielles sont également disponibles pour les anciens modèles.

D’un point de vue rationnel, il n’y a donc aucune raison valable de changer de téléphone si vous possédez un iPhone 17 Pro ou un iPhone 16 Pro. Ce n’est qu’à partir des générations plus anciennes que les progrès se font vraiment sentir. Si, par exemple, une amie photographie les mêmes sujets que moi avec son iPhone 14 Pro, je sais qu’elle préfèrera mes photos prises avec un téléphone disposant d’un appareil photo principal plus lumineux, d’un meilleur téléobjectif, d’une meilleure caméra frontale, ainsi que d’un accès aux « styles photographiques » et aux fonctionnalités d’IA pour la retouche. Et tandis que sa batterie est à peine capable de durer pendant toute une randonnée, avec la navigation et une luminosité d’écran élevée, la mienne sera à 40 % le soir venu.

À l’heure actuelle, Siri AI ne constitue pas un argument de vente. La nouvelle assistante vocale d’Apple ne comprend pour l’instant que l’anglais et mérite bien son statut de version bêta. Malgré une intégration plutôt réussie, elle n’est pas suffisamment utile dans son état actuel pour me permettre de l’utiliser régulièrement. Si j’ai besoin d’un chatbot, je préfère m’adresser à Claude, Gemini ou ChatGPT. Leur niveau de compréhension et de performance est tellement supérieur que même la meilleure protection des données d’Apple ne parvient pas à compenser le retard de Siri.

Pro

  • appareil photo principal très lumineux
  • excellent traitement des images
  • bonne autonomie
  • puce puissante
  • joli design
  • IA bien intégrée

Contre

  • hausse du prix de 100 francs
  • mises à niveau coûteuses de la mémoire
  • améliorations ténues
  • limitations de Siri AI

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Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse. 


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