Évaluation: laissez-vous enchanter par «Zelda: Breath of the Wild»
Critique

Évaluation: laissez-vous enchanter par «Zelda: Breath of the Wild»

Philipp Rüegg
Zurich, le 03.03.2017
Traduction: Stéphanie König
Ceux qui pensent que le choix de jeux disponibles pour le lancement de la nouvelle console Nintendo Switch est trop restreint sous-estiment «Zelda». «Breath of the Wild» est un vrai chef-d'œuvre qui s'aventure dans de nouvelles contrées. Même moi, qui ne suis pas un inconditionnel de «Zelda», en suis tombé à la renverse.

«The Legend of Zelda»: depuis le premier jeu sur NES, il y a plus de 30 ans, la série fait l'objet d'un véritable culte. Je me souviens encore de l'époque où mon frère et moi explorions des donjons mystérieux, combattions des monstres féroces et nous laissions porter par ce monde fantastique. Par la suite, je n'ai plus joué à la série qu'occasionnellement. Il m'est arrivé de tester quelques jeux par-ci, par-là, mais je perdais tôt ou tard mon enthousiasme. Cela faisait donc un moment que je n'avais pas vu un générique comme celui-là.

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C'est ainsi que se terminait le tout premier «Zelda».

Je sentais pourtant tout de même monter la fièvre en moi en attendant ce nouveau chapitre. Non pas parce que c'était probablement le seul jeu de lancement de la Nintendo Switch à valoir réellement le coup. Mais parce que cette nouvelle direction allait enfin être à mon goût.

Après des heures et des heures passées dans l'univers de Hyrule, je peux l'affirmer: je m'y sens comme chez moi.

Un monde dans lequel on voudrait se perdre.

«Zelda: Breath of the Wild» est un jeu incroyable. J'ai été extrêmement sceptique de mon intérêt dans «Zelda», un jeu à la résolution plus faible, après le fantastique et visuellement remarquable «Horizon Zero Dawn». Mes craintes étaient infondées. Nintendo prouve une fois encore que ce n'est pas le nombre d'effets graphiques qui importe pour rendre une histoire captivante. L'immense monde de jeu de «Zelda» n'a rien à envier à l'univers post-post-apocalyptique de la superproduction PS4.

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Allez où vous voulez.

Le monde de Hyrule, éternel terrain de jeu de la série «Zelda», est un lieu pour les explorateurs. Contrairement aux chapitres précédents, vous êtes directement lancé dans le jeu sans avoir à endurer auparavant un ennuyeux tutoriel. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de phase d'apprentissage. Vous êtes, au commencement de votre aventure, confronté à une frontière physique. Au sein de la vaste région de départ, vous acquérez vos premières aptitudes, telles que l'utilisation de bombes et d'aimants ou l'arrêt du temps, et mettrez finalement la main sur un genre de parapente grâce auquel le reste du monde s'ouvrira à vous.

À partir de là, vous accédez à un territoire immense et multiforme. Les très beaux graphismes évitent également toute monotonie grâce à leurs différents effets climatiques et cycles jour/nuit. On se prend rapidement à rêver bercé par une bande-son entraînante.

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Le graphique n'est pas celui de la PS4, mais met tout de même dans l'ambiance.

Cet univers merveilleux, créé par le développeur culte, Shigeru Miyamoto, est riche en vie et en mystère. Quand vous vous tenez au bord d'une falaise et que vous regardez vers le lointain, vous savez que, derrière chaque colline ou dans chaque forêt, une nouvelle surprise vous attend. Parfois, vous tombez sur de petits villages qui pourraient sortir tout droit d'un film du Studio Ghibli («Le Voyage de Chihiro», «Princesse Mononoké»). Ou vous croiserez la route d'un gigantesque cyclope contre lequel il faudra faire preuve de beaucoup d'habileté. Rien qu'à y penser, la fièvre de l'explorateur s'empare à nouveau de moi.

Allez où bon vous semble

C'est vous qui décidez où vous mènera le voyage. Bien que le jeu vous trace un chemin à peu près défini, sous la forme de quêtes principales, vous pouvez à loisir choisir d'en sortir. Aucun autre jeu «Zelda» ne vous a offert autant de liberté. Quand les chapitres précédents vous interdisaient l'accès à certaines zones, tant que vous n'aviez pas trouvé l'équipement nécessaire, vous pouvez, dans «Zelda: Breath of the Wild», relever pratiquement tous les défis avec les aptitudes de départ.

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Une grande épée frappe avec force, mais lentement.

Si vous voulez vous confronter, dès le départ, au grand méchant Ganon, faites-vous plaisir. Il y a certainement des joueurs qui ont tenté le coup. Et, bien sûr, ils en ont pris pour leur grade. Mais ça a en tout cas été possible.

Cette liberté rend ce jeu si exceptionnel. Je n'ai à aucun moment ressenti de pression de devoir accomplir une action en particulier, comme c'est le cas dans beaucoup d'autres jeux en monde ouvert. J'ai simplement laissé libre cours à mes envies d'explorer ce monde. Et le jeu récompense votre curiosité. Que vous escaladiez une montagne ou que vous tombiez sur une énigme au cœur d'une forêt enchantée, il y a toujours de nouvelles armes, des pierres précieuses ou un autre trésor à gagner.

Limites naturelles

«Zelda» joue beaucoup sur le niveau de difficulté naturel. Plus vous vous éloignez du chemin prévu, plus les adversaires sont forts. Comme les armes de départ ne provoquent que peu de dégâts, il faut que vous soyez très habile si vous voulez affronter des adversaires plus importants. Il vaut donc peut-être mieux collecter auparavant un meilleur équipement, plus de cœurs et d'endurance. Cette dernière détermine combien de temps vous pouvez courir, nager ou grimper. Vous pouvez théoriquement gravir la plus haute montagne. Mais si vous n'avez pas assez de place pour vous reposer lors de l'ascension, Link, épuisé, chutera avant d'atteindre le sommet.

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Dans des zones glacées ou très chaudes, seuls des vêtements adaptés ou des potions spéciales vous permettent d'avancer.

Vos talents culinaires vous aideront à lutter contre les monstres et à survivre dans la nature. Vous préparez, en mélangeant les bons ingrédients, des plats spéciaux qui non seulement vous accordent des points de vie, mais qui renforcent également vos défenses, améliorent votre capacité à vous faufiler ou vous immunisent encore contre le froid.

La tablette Sheikah vous sera d'une grande aide au cours de vos aventures. Un artefact magique qui renferme toutes les choses importantes telles que l'inventaire, le journal de quête et la carte. Vous pouvez l'actualiser au fil du jeu pour obtenir plus de détails sur les environs. Prenez, par exemple, une photo d'une plante spécifique et paramétrez votre capteur Sheikah pour qu'il se mette à biper quand cette plante est dans les parages.

Un savant mélange d'énigmes et d'action

Il y a bien évidemment toujours des donjons à explorer dans «Zelda» – ils sont toutefois nettement moins nombreux. Ils sont en contrepartie gigantesques et cachent quelques surprises. Vous trouverez également de nombreux sanctuaires. Ces mini-donjons renferment des énigmes et des défis plus petits et vous permettront de découvrir de nouvelles tactiques et de nouveaux trucs. Ici aussi plusieurs chemins mènent au but. Vous obtiendrez également des globes, appelés Spirit Orbs, que vous pourrez échanger contre plus de vie ou d'endurance.

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Les sanctuaires sont des mini donjons avec (essentiellement) de petites énigmes.

Vous rencontrerez régulièrement des énigmes à l'écart des chemins. Que ce soit lors de quêtes parallèles, lancées par les nombreux habitants insolites de Hyrule, ou par hasard, au détour d'une forêt, sur une étrange formation rocheuse.

Il n'y a pas que votre cerveau à être sollicité, mais aussi vos doigts. Les nombreux adversaires sont exigeants et il faudra faire preuve de beaucoup de tactique. Link a heureusement plus d'un tour dans son sac. Sa vivacité lui permet d'esquiver les attaques et, avec le bon timing, de distribuer des contres décisifs. Il peut également combattre à distance en gelant ses ennemis avec des flèches de glace. Il faudra engager tout votre arsenal pour vaincre les plus grands adversaires.

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Quelle idée de s'asseoir à côté de tonneaux rouges.

Armes, boucliers et arcs s'usent au fil du temps. Cela implique de trimbaler en permanence tout un arsenal d'épées et de haches, car elles se cassent rapidement. Mais ça m'a moins dérangé que je ne l'aurais pensé. Il suffit de changer régulièrement son équipement et de conserver les bonnes pièces pour les combats les plus durs.

Le jeu a trouvé sa voix

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Les figurines peuvent enfin aussi parler – sauf Link.

C'est la première fois qu'un jeu «Zelda» a droit à la parole. Par contre, uniquement dans les scènes de narration principales. Link, comme le reste du monde, est toujours silencieux et ne fait que grogner et soupirer à l'occasion. J'ai, au début, été un peu déçu que Nintendo n'ait pas osé aller jusqu'au bout. Maintenant, je comprends cette décision. La sonorisation rend l'histoire plus émotionnelle et captivante. Le reste du jeu demeure, en revanche, plus personnel et l'on se perd rapidement dans ce monde et dans ses propres pensées, car il n'y a pas tout le temps quelqu'un qui jacasse. Vous pouvez diffuser des podcasts pendant que vous jouez si vous trouvez tout cela trop calme. (Par exemple le mien 😏).

Dans son ensemble, «Zelda» reste un jeu plutôt calme. Il est même arrivé que ma femme entre dans la pièce pour me demander si j'avais arrêté de jouer, car elle n'entendait plus rien. Elle n'était plus habituée au calme après le fracas d'enfer des dinosaures-robots de «Horizon Zero Dawn».

Wii U vs Switch

Je n'ai pu tester que la version Switch qui est visuellement un peu plus belle. J'ai tout de même constaté d'occasionnels problèmes de FPS. Ce n'est pas extrêmement gênant, mais le jeu ralentit sensiblement – à noter qu'il s'agissait de la version pre-release. Une mise à jour de correction est déjà disponible. Les temps de chargement sont relativement courts et limités aux sanctuaires, aux téléportations et quand vous mourrez. J'ai joué avec un module de jeu et n'ai donc pas dû installer le jeu, comme cela aurait été le cas avec la version numérique.

J'ai bien sûr aussi testé le jeu en déplacement, ce qui est tout à fait possible avec la Nintendo Switch portable. Bien que, dans le train, l'atmosphère ne soit jamais la même qu'à la maison, le trajet file en un rien de temps. La batterie dure environ trois heures.

Conclusion: un nouveau fan

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Les gardiens sont des ennemis de taille qui'il faudrait éviter, surtout au début.

J'ai toujours rêvé d'être autant impressionné par un jeu «Zelda» que par l'original sur NES. Même si «Breath of the Wild» ne me procurera pas de tels élans nostalgiques, je peux dire que le jeu m'a emballé. Il est parvenu à raconter une histoire 100 fois ressassée d'une façon innovante et passionnante. Ce monde fantastique regorge de secrets et de créatures merveilleuses. Il invite à la découverte et ne pose presque aucune limite. Les moindres petits détails sont superbes, comme lorsque vous êtes touché par la foudre quand vous transportez des armes métalliques.

Il y a bien sûr aussi des aspects énervants. Les commandes ne sont pas personnalisables. Il m'est donc souvent arrivé, lors de combats frénétiques, de cliquer par erreur sur le stick analogue gauche qui sert à esquiver – au lieu de courir comme dans tous les autres jeux. Ça m'a valu quelques colères. Par ailleurs, on ne peut appeler le cheval que quand il se trouve à proximité. Donc ça veut dire: en avant, jusqu'à la prochaine écurie. Ces désagréments mis à part, je n'ai jamais ressenti une telle liberté et un tel envoûtement dans un même jeu. C'est un must absolu pour les détenteurs de la Nintendo Wii U et de la Nintendo Switch et, cela va sans dire, pour tous ceux qui ont lu cet article jusqu'au bout 😏.

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Philipp Rüegg
Philipp Rüegg
Senior Editor, Zurich
En tant que fou de jeu et de gadgets, je suis dans mon élément chez digitec et Galaxus. Quand je ne suis pas comme Tim Taylor à bidouiller mon PC ou en train de parler de jeux dans mon Podcast, j’aime bien me poser sur mon biclou et trouver quelques bons trails. Je comble mes besoins culturels avec une petite mousse et des conversations profondes lors des matchs souvent très frustrants du FC Winterthour.

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