Dans les coulissesDurabilité

En ligne ou hors ligne : pour le climat, c'est du pareil au même

Tobias Billeter
Zurich, le 17.06.2020

Dans la compétition pour le respect du climat entre le commerce en ligne et hors ligne, le premier remporte la victoire. Mais ce combat passe à côté de l'essentiel. Pour combattre le changement climatique, il faut commencer par regarder du côté de son propre comportement d'achat.

Le commerce en ligne stimule la consommation, entraîne de fortes émissions carbone et porte en partie la responsabilité du réchauffement climatique. De telles affirmations sont monnaie courante et se répandent, en toute connaissance de cause, avec une méthodique régularité. Depuis longtemps, des études montrent que le commerce en ligne génère bien moins d'émissions carbone qu'un magasin physique. Qu'il soit en ligne ou hors ligne, le débat en substance n'a cependant rien à voir avec le changement climatique. Au mieux, il s'agit d'une douce rivalité créée dans l'ombre des changements structurels. En revanche, ce qui est beaucoup plus décisif pour notre climat, c'est ce que nous consommons aujourd'hui et combien.

Commençons par le commencement ! Il vous suffit de vous rendre sur nos boutiques en ligne pour commander, en quelques clics, un nouveau téléphone portable ou encore une paire de chaussures. Et quelques heures plus tard, le livreur se trouve sur le pas de votre porte : un processus rapide, facile, et, qui plus est, respectueux de l'environnement. Ce dernier aspect est d'ailleurs mis en relief par une étude de l'Öko-Institut (https://www.oeko.de/en/) – datant de 2015, pas toute récente, mais ayant néanmoins le mérite d'être pertinente – dans laquelle les chercheurs comparent les émissions générées par l'achat de chaussures en ligne et hors ligne. Et le résultat est clair : l'achat de chaussures dans un magasin physique génère deux fois plus de CO2 que le même achat en ligne. Même si les chaussures sont retournées au détaillant, l'achat en ligne est plus performant de 20 à 70 % en matière d'émissions carbone, ce qui est principalement imputable à l'énergie consommée par les magasins physiques.

Un canal de distribution qui se soucie peu du climat

Comme nous l'avons déjà mentionné, la comparaison en ligne-hors ligne constitue un pseudo débat qui brouille notre vision des facteurs pertinents. On s'en rend compte au plus tard en analysant le bilan carbone d'un produit sur l'ensemble de la chaîne de valeur. En collaboration avec l'équipe d'experts de South Pole, nous avons, à cet effet, mis au point un modèle de calcul. Revenons à l'exemple ci-dessus et examinons le bilan de CO2 des chaussures, les fameuses baskets en cuir d'une marque de mode populaire dans notre cas. Nous ne parlons pas de chaussures de luxe, mais de chaussures tout ce qu'il y a de plus conventionnel. L'empreinte GHG – autrement dit l'empreinte carbone de ces chaussures de sport – est de 54 kg, soit 54 000 g pour reprendre l'unité de l'étude de Fribourg. Seuls 200 à 300 g de CO2 sont nécessaires pour le transport. Qu'est-ce que cela signifie ? Le fait que les baskets aient été achetées en ligne ou hors ligne ne joue qu'un rôle secondaire en matière d'émissions carbone. Le CO2 généré dans l'acheminement de ces groles du centre de distribution jusqu'au client ne représente qu'entre 0,4 et 3 % maximum.

Matériaux et durabilité, des variables climatiques essentielles

La réduction de l'empreinte carbone d'une chaussure de sport dépend également de la matière utilisée pour sa fabrication. Une chaussure comparable en caoutchouc ne produit que 23 kg de CO2 environ. Les plus respectueuses du climat sont les chaussures en tissu, dont la production libère environ 18 kg de CO2 dans l'atmosphère. Ces chiffres se basent sur l'hypothèse selon laquelle la totalité des modèles sont portés pendant environ le même nombre de kilomètres tout au long de leur vie, ce qui nous amène au dernier facteur : la durée de vie. Pour les biens de consommation, la règle se veut simple et logique : plus j'utilise un produit longtemps, plus le bilan carbone est bon sur l'ensemble du cycle de vie. Conclusion : que les baskets, la poêle à frire et le téléphone portable soient achetés en ligne ou hors ligne, peu importe. Le facteur décisif, c'est la quantité que nous consommons et les matériaux dans lesquels les produits sont fabriqués. Pour en savoir plus sur le calcul de l'empreinte carbone, cliquez ici.

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Tobias Billeter
Head of Corporate Communications
tobias.billeter@digitecgalaxus.ch

Mon travail, c’est de m'assurer que les employés et les journalistes sont au courant de ce qui se passe chez Digitec Galaxus. Cela dit, rien ne fonctionne sans un grand bol d'air frais et une bonne dose d’activité physique. Je recharge mes batteries dans la nature pour rester à jour et je trouve la sérénité nécessaire pour apprivoiser mes enfants en écoutant du jazz. 


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