Jan Johannsen
Point de vue

Tous les deux ans, ça suffit ! Le cycle de renouvellement des smartphones doit ralentir

Jan Johannsen
4/6/2026
Traduction : Sophie Boissonneau

La série A de Samsung ou la série T de Xiaomi sont pour moi les exemples les plus récents qui montrent que nous n’avons pas besoin d’un nouveau smartphone chaque année. Fairphone a tout compris.

Les nouveaux smartphones m’ennuient de plus en plus. Ma conclusion après avoir testé les nouveaux appareils est de plus en plus souvent la suivante : il est meilleur que son prédécesseur, mais les différences sont si minimes qu’on peut sans hésiter opter pour le modèle de l’année précédente, moins cher. Les progrès technologiques ne justifient plus des mises à jour annuelles. Tout est désormais une question de marketing. Même le retour aux modèles S, comme l’avait proposé mon collègue Lorenz Keller il y a plus d’un an, n’y changerait rien.

Les progrès technologiques ont atteint un plateau

Le développement des smartphones ne connaît plus de progrès spectaculaires depuis longtemps. Les écrans et les appareils photo ont atteint leurs limites en termes de performances techniques. Les performances des puces haut de gamme suffisent largement pour ce que font 99 % des gens avec leur smartphone. Tout ce qu’on peut faire, c’est améliorer encore l’efficacité.

Grâce aux batteries silicium carbone, les fabricants chinois ont récemment réussi à prolonger l’autonomie des batteries. Les nouvelles fonctionnalités logicielles ne nécessitent que rarement du matériel véritablement nouveau, et les modifications apportées au design sont généralement discrètes.

Parallèlement, la prolongation de la prise en charge logicielle imposée par l’UE permet d’utiliser les appareils plus longtemps et rend plus intéressant l’achat à bas prix de modèles datant d’un ou deux ans. Les consommateurs et consommatrices sont déjà plus avancés (en allemand) que les fabricants et utilisent leur smartphone de plus en plus longtemps en moyenne.

Exemples positifs à Amsterdam et à Londres

Fairphone fait figure d’exemple. Le fabricant néerlandais présente un nouveau smartphone tous les deux ans depuis le début, à une exception près. L’entreprise s’est engagée en faveur du développement durable, sortir un nouvel appareil tous les ans serait donc contradictoire.

Chez Fairphone, la durabilité, qui est le principe directeur depuis le début, impose un cycle de deux ans.
Chez Fairphone, la durabilité, qui est le principe directeur depuis le début, impose un cycle de deux ans.

Nothing va en partie dans le même sens. En tout cas pour le modèle haut de gamme, il semblerait qu’aucune amélioration notable ne soit possible cette année par rapport au [Phone (3)](/page/das-nothing-phone-3-rueckt-im-test-den-top-smartphones-auf-die-pelle-38724 et qu’il n’y aura donc pas de Phone (4) pour l’instant. Cela n’empêche toutefois pas le fabricant londonien de présenter, après seulement douze mois, deux nouveaux modèles de milieu de gamme : le [Phone (4a)](/page/verbesserte-bedienung-und-eine-groessere-brennweite-nothing-phone-4a-im-test-41806 et le [(4a) Pro](/page/nothing-phone-4a-pro-im-test-der-aufpreis-lohnt-sich-41981.

Les fabricants ne changeront guère de leur propre initiative

Les fabricants ne sont guère enclins à abandonner le rythme annuel de leur propre chef. Ils dépendent trop de la sortie d’un nouveau modèle et de l’attention qu’il suscite pour relancer leurs ventes. Aucun chef d’entreprise soutenu par des investisseurs et/ou des actionnaires ne peut se permettre de ne profiter de cet effet que tous les deux ans.

Quel serait l’impact si Apple ne publiait des chiffres records année après année, au trimestre suivant la présentation d’un nouvel iPhone ? Un trimestre normal serait immédiatement présenté comme une période de faiblesse, voire comme le début de la fin.

D’autant plus que passer à un cycle bisannuel ne permettrait probablement pas à une entreprise de réaliser des économies significatives sur les coûts de développement ou les dépenses marketing. De même, ne pas avoir à adapter leurs capacités de production ne devrait pas non plus constituer une incitation financière pour les grands fabricants, compte tenu de leurs volumes de production.

Il ne reste donc que deux facteurs susceptibles d’entraîner un basculement : la réglementation politique ou le marché lui-même. Aucune réglementation en ce sens n’est même à l’étude dans l’UE. La crise actuelle de la RAM pourrait cependant amener le sujet sur le tapis. En effet, selon certaines rumeurs, la version la moins chère du Pixel 11 pourrait même disposer de moins de mémoire (en anglais) que le Pixel 10. Voilà qui devrait rendre encore plus difficile de présenter la mise à jour annuelle comme une avancée.

Photo d’en-tête : Jan Johannsen

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Lorsque j'étais à l'école primaire, je m'asseyais dans le salon d'un ami avec de nombreux camarades de classe pour jouer à la Super NES. Aujourd'hui, je mets directement la main sur les dernières technologies et les teste pour vous. Ces dernières années, j'ai travaillé chez Curved, Computer Bild et Netzwelt, et maintenant chez Digitec et Galaxus. 


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