

Test des enceintes actives de 45 ans
Que valent des enceintes actives du début des années 80 aujourd’hui ? Un voyage dans le temps jusqu’à mon enfance.
Les enceintes Philips sont un souvenir de jeunesse. Elles trônaient dans le salon de mon enfance dans les années 80 et 90, branchées sur le Pioneer SX-550. Il n’y a pas longtemps, j’ai décidé de rapatrier l’ampli et les enceintes chez moi pour voir si elles fonctionnent encore et si oui, ce que vaut le son.
Les enceintes actives Philips AH 586 MFB ont été développées dans les années 70 et commercialisées à partir de 1978. Fidèles à leur époque, elles ont été fabriquées en Europe, en l’occurrence en Belgique. MFB signifie « Motional Feedback », une technologie développée par Philips qui était en avance sur son temps. Un accéléromètre intégré à l’enceinte mesure les mouvements du haut-parleur de graves et les compare au signal d’entrée. Les enceintes peuvent ainsi corriger les distorsions et reproduire des fréquences très basses, jusqu’à 30 hertz selon la fiche technique.
Test de longévité réussi
Les deux enceintes ont un câble d’alimentation et ne fonctionnent que branchées sur secteur. Leurs prises RCA sont leur unique connectique, avec un câble qui relie la source à l’une des enceintes et un second qui les relie entre elles.

Lors de la première mise en service, seule l’enceinte qui n’est reliée à la source que via sa jumelle s’allume. Curieux. Après avoir tout redémarré une fois, tout fonctionne.
Par contre, l’enceinte qui avait d’abord refusé de démarrer se met à grésiller et à bourdonner, sans parler de la qualité du son qu’elle produit. Ce problème disparaît lui aussi après un nouveau redémarrage. Il se reproduit une fois par la suite, mais finit par se résorber de lui-même avec l’utilisation régulière.
Les enceintes ont environ 45 ans et regorgent d’électronique. Chaque enceinte embarque deux amplificateurs (un pour le tweeter et un pour le haut-parleur des graves et des médiums). La plupart des condensateurs sont probablement en fin de vie. C’est épatant que ces engins fonctionnent encore.

Le son
J’ai un souvenir positif du son de ces enceintes. Mais bon, étant enfant, je n’avais guère de points de comparaison, et l’ajout d’un lecteur CD avait de toute façon amélioré l’intégralité du rendu sonore.
Ma première impression est celle d’un son agréable, discret, sans éclat, plutôt axé sur les aigus, avec des basses timides... jusqu’à ce que je me rende compte que je n’utilise pas les enceintes correctement.

Un bouton rotatif à l’arrière permet de régler la puissance du signal d’entrée, ce qui modifie l’impédance. Cela change certes le volume, mais celui-ci devrait plutôt être réglé à la source. À bas volume, l’impédance est trop élevée pour le signal faible du smartphone, d’où les basses anorexiques.
L’une des enceintes émet un craquement sonore quand je tourne le bouton, qui en l’occurrence a l’air d’être HS. Mon réglage fonctionne malgré tout et les basses ont désormais plus de corps.
Derrière la grille en tissu se cachent trois interrupteurs à bascule qui corrigent les fréquences graves selon que l’enceinte est posée au sol, devant ou à côté d’un mur. La correction est plutôt subtile, car ces enceintes ne sont de toute façon pas sujettes à de fortes réflexions de basses.

Branchement à l’ampli
Les quatre premiers crans du potentiomètre sont prévus pour le branchement à un amplificateur. Mon père avait branché les enceintes à l’ampli Pioneer à l’époque... Comment a-t-il fait ? Les sorties enceintes utilisent des câbles classiques, c’est-à-dire des fils dénudés. Avec le RCA, je ne peux relier que la sortie line out de l’amplificateur. Le signal n’est alors pas plus puissant qu’avec le smartphone, et les réglages de l’égaliseur ne fonctionnent pas. Il doit y avoir une autre solution.
Dans notre boutique, je ne trouve aucun câble muni de fiches RCA à une extrémité et de fils dénudés à l’autre. Ma tentative de bricoler quelque chose moi-même échoue parce que les brins du câble coupé sont trop fins. Au final, je trouve des connecteurs RCA spéciaux auxquels je peux visser des câbles d’enceinte classiques.

Que dire ? Le son est bon. Toujours assez porté sur les aigus, avec toutefois des basses suffisamment puissantes à mon goût. Ces enceintes atteignent effectivement 30 Hz à faible volume. Leur son serait peut-être encore meilleur si elles étaient neuves. Dans l’ensemble, je suis impressionné par ce qui était déjà possible à l’époque.
Mon intéret pour l'informatique et l'écriture m'a mené relativement tôt (2000) au journalisme technique. Comment utiliser la technologie sans se faire soi-même utiliser m'intéresse. Dans mon temps libre, j'aime faire de la musique où je compense mon talent moyen avec une passion immense.
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