
Test de produit
Test : The Frame 3.0 – l'œuvre d'art à l'image améliorée
par Luca Fontana

LG lance sa Gallery TV en 2026. Le fabricant fait son entrée dans le segment alors que Samsung a déjà lancé la Frame Pro l’année dernière. Un timing de lancement difficile.
Un téléviseur Gallery n’est pas un appareil haut de gamme pour les puristes du home cinéma ni un cadre photo numérique qui se contente d’afficher quelques JPEG quand on éteint Netflix. Il s’adresse aux personnes qui ne veulent pas d’un trou noir sur leur mur ni d’un écran lumineux qui fasse trop « écran » malgré le motif artistique qu’il affiche. La demande de telles « télés de niche » sur le marché est plus importante qu’on ne le pense.
Il est donc logique que LG fasse son entrée dans ce segment au CES 2026 avec sa Gallery TV. On peut dire qu’elle a du retard, car Samsung jouit d’un quasi-monopole sur ce marché depuis des années. Néanmoins, l’annonce nous laisse un arrière-goût d’inachevé sur le palais. LG a bien compris le concept, mais Samsung a plusieurs longueurs d’avance depuis longtemps.
La véritable astuce pour faire le grand écart entre un téléviseur et un cadre photo authentique ne réside pas dans le contenu, mais dans l’interaction entre la surface, la lumière et la luminosité de l’écran. Le revêtement mat empêche les reflets et l’ajustement automatique de la luminosité permet à l’image de ne pas rayonner et de se soumettre plutôt à la lumière ambiante.
Ce n’est qu’ainsi que l’on obtient cet effet de galerie étonnamment réel : le moment où l’on oublie un instant que l’on est en train de regarder un téléviseur. C’est exactement ce que Samsung a perfectionné avec le Frame, et c’est précisément ce concept de base que LG reprend.
À première vue, il peut sembler paradoxal que LG, le plus grand défenseur de l’OLED dans le secteur depuis des années, mise sur les mini LED pour sa Gallery TV, mais cette décision consciente est en fait très rationnelle.
Un contenu statique pendant des heures, voire des jours, est le scénario d’usage le plus défavorable pour l’OLED. Le risque de burn-in est encore présent en 2026, même s’il est désormais facile à gérer, du moins sur des écrans en mouvement. Pour les images statiques en mode artistique, c’est différent. Les mécanismes de protection les plus sophistiqués ne changent rien au fait que l’OLED n’est tout simplement pas la bonne technologie pour cet usage.

Les mini LED et les écrans LCD à LED classiques sont quant à eux très adaptés à cet usage. Ils sont plus solides, moins sensibles et mieux adaptés à un téléviseur dont l’image reste immobile la plupart du temps. On ne peut donc pas reprocher ce point à LG. Au contraire, le concept est très bien pensé.
Le problème ne réside pas dans le « quoi », mais dans le « quand ». Samsung a déjà développé le concept Frame l’année dernière : avec son Frame Pro. À l’époque, le leader du marché avait implicitement reconnu que la Edge LED ne suffirait pas à long terme. La technologie Direct LED avec un véritable local dimming apporte nettement plus de contraste, de meilleures capacités HDR et fait du téléviseur un écran sérieux, même dans l’obscurité.
Samsung a décidé de scinder le segment.
C’est justement sur le sujet de la technologie du Gallery que LG semble étonnamment silencieuse. LG parle certes de mini LED, mais reste remarquablement vague sur la conception exacte du rétroéclairage. Les médias du secteur tels que The Verge (en anglais) doutent donc qu’il s’agisse d’un modèle Direct LED avec local dimming. Si LG devait effectivement miser sur une solution plus simple, la Gallery TV serait techniquement plus proche du Frame original que du Frame Pro, nettement plus ambitieux.
On est donc loin d’une arrivée fracassante, mais pas grave.
On a le sentiment, à l’annonce de LG, d’assister à un évènement très bien préparé. Tout est bon, tout est correct, mais on sent qu’on n’est pas là pour tout casser dans la baraque.
LG comprend très bien le concept Gallery et mise sur la bonne technologie. Elle fournit des cadres de téléviseur interchangeables, une surface d’écran mat antireflet et propose un abonnement artistique avec une sélection de plus de 4500 œuvres d’art (LG Gallery+, encore un abonnement... soupir). Le problème est que tandis que Samsung poursuit déjà sa réflexion sur le segment, l’arrivée de LG donne l’impression d’une copie, et non d’une évolution.
En fin de compte, ce ne sont pas les œuvres d’art qui font la différence. Ce sont plutôt le prix et le rétroéclairage qui seront déterminants. Si la Gallery TV est moins cher que le Frame de Samsung, LG a une chance. Si elle est aussi chère tout en étant techniquement moins ambitieuse, il sera difficile pour le produit de dépasser le statut de copie stylée. Une question additionnelle me vient donc logiquement à l’esprit : pourquoi aussi tard, LG, et pourquoi ne pas proposer une amélioration plus significative ?
J’écris sur la technologie comme si c’était du cinéma – et sur le cinéma comme s’il était réel. Entre bits et blockbusters, je cherche les histoires qui font vibrer, pas seulement celles qui font cliquer. Et oui – il m’arrive d’écouter les musiques de films un peu trop fort.
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