

Comment faire le tri dans vos câbles USB
Est-ce que, comme moi, vous avez trop de câbles USB-C ? Alors, il serait judicieux de n’en utiliser que quelques-uns et de vous débarrasser du reste. Mais repérer les meilleurs câbles n’est pas toujours facile.
Chaque nouvel appareil est livré avec son câble USB. Avec le temps, les câbles finissent par s’accumuler. Ce qui est pratique, c’est qu’aujourd’hui ce sont presque toujours des câbles USB-C. Autrement dit, toutes les fiches sont compatibles avec toutes les prises. Vu sous cet angle, il devrait être possible de se contenter de deux ou trois câbles pour tout.
Malheureusement, les vitesses de charge et de transmission des données des câbles USB-C varient considérablement. Tout est possible, de l’absence totale de transmission de données au haut débit. Les variations en matière de vitesse de charge sont aussi très importantes. Il est souvent difficile de repérer d’emblée les spécifications d’un câble.
Pour atteindre une vitesse donnée lors du chargement ou de la transmission de données, les raccords aux deux extrémités et le câble doivent prendre en charge la norme correspondante. Sinon, la performance est réduite au niveau pris en charge par tous les éléments. Le câble ne doit donc jamais être le maillon le plus faible.
On pourrait penser que le câble fourni avec un appareil est suffisant. Malheureusement, ce n’est pas toujours vrai. Prenons l’exemple d’Apple : l’iPhone Pro est fourni avec un câble de vitesse USB-2 (480 Mb/s), alors que ce smartphone est capable de débits bien plus élevés (10 Gb/s).
Vous avez chez vous peut-être même des douzaines de câbles USB qui traînent. Comment savoir quel câble utiliser dans telle ou telle situation ?
USB-C vers USB-A : du balai !
Certains appareils sont souvent fournis avec un câble doté d’une fiche USB-C d’un côté et d’une fiche USB-A de l’autre. Ces câbles sont probablement assez performants pour l’appareil en question, mais ils atteignent vite leurs limites et ne peuvent pas servir de « câble à tout faire ». Utilisez autant que possible des câbles avec une fiche USB-C des deux côtés.
Addendum : comme plusieurs personnes en ont fait la remarque, je précise ce que « dans la mesure du possible » signifie. Il existe malheureusement de nombreux appareils qui ne peuvent être chargés qu’avec un câble USB-A vers USB-C. Alors, avant de vous débarrasser d’un câble, vérifiez d’abord si un USB-C vers USB-C suffit.
USB-A est par essence limité. Les fiches de type A avec un connecteur blanc ou noir sont cantonnées à USB 2.0. Celles avec un connecteur bleu atteignent USB 3, et donc 5 ou 10 Gb/s.
Pour la recharge aussi, vous ne pourrez pas en attendre des miracles. En dehors des modèles spéciaux Power Delivery, un câble USB-A ne dépasse pas les 5 volts et 3 ampères, soit 15 watts. Un câble USB-C lambda offre déjà 60 watts.

La jungle des désignations USB
Pour les câbles strictement USB-C, il faut malheureusement distinguer entre les versions USB. Quelle plaie ! Les désignations comme « USB 3.2 Gen 2×2 » seraient déjà assez déroutantes en soi, mais cela ne suffit visiblement pas à l’USB-IF, l'organisation qui promeut la norme USB. Elle a commencé à modifier les versions USB a posteriori, de sorte que « USB 3.0 » est devenu « USB 3.1 Gen 1 » puis « USB 3.2 Gen 1×1 ». Par conséquent, on ne sait pas toujours ce qu’il faut comprendre quand on lit « USB 3.1 » quelque part. C’est même encore vrai pour « USB 3.2 », car il faudrait donner plus d’indications pour connaître précisément le niveau de performance d’un câble.
Les vitesses indiquées sont des valeurs maximales théoriques qui ne sont jamais atteintes en pratique. Elles sont surtout utiles pour comparer les versions entre elles.
Pour les vitesses de charge, il existe une norme distincte appelée USB Power Delivery (PD). Ses numéros de version sont indépendants de la norme USB. La version USB PD 3.0 n’a par exemple rien à voir avec USB 3.0.
Cela signifie aussi qu’il n’y a pas de lien direct entre la version USB et la puissance de charge. Le câble Apple USB 2.0 avec son faible débit de données charge par exemple à 240 watts maximum, ce qui est excellent.
N’oublions pas le Thunderbolt non plus. Il s’agit d’un protocole de transmission propriétaire sans aucun lien avec USB à l’origine. Depuis la version 3, Thunderbolt utilise une fiche USB-C. USB4 s’appuie certes sur Thunderbolt, mais il y a des pièges cachés en matière de rétrocompatibilité. Mais j’y reviendrai...
Mentions sur les câbles
Heureusement, certains câbles portent des indications. Sur les câbles USB compatibles avec Thunderbolt figurent normalement un symbole éclair et un nombre comme « 4 » ou « 5 » qui indique la version de Thunderbolt. La norme Thunderbolt impose des exigences minimum relativement strictes et requiert une certification. Cette mention est donc fiable.

Les câbles plus anciens portent parfois l’abréviation « SS ». Elle fait référence à Superspeed et indique que le câble atteint au moins la vitesse de 3.2 Gen 1×1 (anciennement USB 3.0). Cela représente 5 Gb/s, mais le débit peut aussi être supérieur. Parfois, cela est indiqué par un signe plus, parfois non. Le plus désigne 3.2 Gen 2×1 (anciennement USB 3.1) et donc 10 Gb/s.
Compte tenu des normes actuelles, les deux débits ne sont plus si impressionnants, mais ils surpassent toutefois nettement USB 2.0. Le logo Superspeed a lui aussi évolué au fil du temps. Il existe ainsi des indications SS avec un chiffre comme 5, 10 ou 20 qui donne le débit en Gb/s.

Depuis 2024, les câbles USB portent de plus en plus des mentions qui sont compréhensibles pour les profanes. Le débit de données et la vitesse de charge sont indiqués directement sur le câble. Néanmoins, de nombreux exemplaires dans le commerce sont encore dépourvus de cette mention. Notamment notre câble digitec. Sans commentaire.

Recherche sur Internet
Certains câbles portent le logo ou le nom du fabricant ou vous savez à quel appareil il appartient grâce à son apparence. Pour mon appareil photo par exemple, la marque figure sur le câble et le fabricant indique également de quel modèle de câble il s’agit. Je peux donc ensuite chercher les spécifications sur Internet. Si vous ne savez plus de quels appareil ou câble il s’agit précisément, la fonction de recherche dans l’historique des commandes de digitec ou Galaxus peut vous aider.
J’avoue que les câbles que j’ai chez moi que je peux identifier aussi clairement se comptent sur les doigts d’une main. Pour les autres, leur origine est incertaine. Ou si elle l’est, cette information n’est guère pertinente. Dans ces cas-là, il faut recourir à d’autres méthodes.
Afficher les connexions sur l’ordinateur
L’ordinateur permet d’afficher des informations sur les connexions USB existantes. Sur Mac, l’appli préinstallée « Informations système » montre la version USB et la vitesse de chaque connexion. L’appli « USB Connection Information », qui coûte 4 francs suisses ou 5 euros, fournit plus d’informations, par exemple les vitesses de chargement. Un menu indique la version USB, la vitesse, la norme de recharge, etc. L’affichage est librement configurable.

Pour Windows, il existe par exemple le logiciel gratuit « USB Device Tree Viewer ». Il fournit de nombreuses informations, dont la version USB, la vitesse maximale ou la puissance.

Pour tester un câble, ce dernier doit relier deux appareils qui répondent aux normes les plus élevées. Ce n’est qu’ainsi que les outils peuvent afficher une différence lorsque vous branchez un câble plus performant. Connectez les appareils pour le test toujours directement à l’ordinateur, jamais via un hub USB.
Même ainsi, la méthode peut induire en erreur, surtout avec les Mac. Les ports des machines plus récentes prennent en charge Thunderbolt 4 et USB 4, mais pas USB 3.2 Gen 2x2. C’est pourquoi la vitesse ne dépasse pas USB 3.1 (= 3.2 Gen 2×1), si Thunderbolt 4 ou USB 4 ne sont pas pris en charge par tous les éléments.
Mesurer la vitesse réelle avec un outil de test de performance
Il en va de même pour les outils de test de performance. Un outil comme CrystalDiskMark (en anglais) lit et écrit des données test sur un appareil de stockage connecté et affiche le débit de données effectif. Vous voyez ainsi la valeur effectivement atteinte et pas seulement la valeur théorique. Là aussi, vous ne pourrez remarquer les différences de débits de données entre les câbles que si le SSD et l’ordinateur prennent en charge toutes les normes de rapidité. Les limitations pour les Mac sont identiques. En outre, le SSD ne doit pas surchauffer ou être presque plein.

Les valeurs réellement mesurées sont toujours nettement moindres que ce qui est théoriquement possible d’après les spécifications.
Testeur de câbles USB : malheureusement pas un raccourci
Avant d’écrire cet article, je me suis dit qu’un appareil de test spécial pour câble USB serait la solution. Il suffirait de brancher un câble USB à l’appareil de mesure pour connaître le débit de données, la version USB et la vitesse de charge.
Ce n’est pas aussi simple, malheureusement. Cet appareil mesure l’électricité, mais pas le débit. Il se place entre l’appareil de charge et le câble branché à l’appareil à charger. L’appareil de mesure affiche les volts, les ampères et les watts. Seul le nombre de volts est fixe, les ampères et les watts dépendent du niveau de charge de la batterie.
Comme je l’ai dit, le câble n’est que rarement le maillon faible en matière d’alimentation. Un câble USB-C normal offre déjà 60 watts ou 20 volts. Il n’y a que dans les situations nécessitant plus de puissance qu’il faut des câbles spéciaux plus performants. Je ne possède même pas d’appareil capable de charger à plus de 60 watts.
Il n’existe pas de lien direct entre la version USB et la puissance de charge.
Le circuit imprimé test de Treedix (en anglais) vérifie quelles broches de la fiche sont actives. Cela permet de tirer des conclusions sur la version USB ou Thunderbolt que le câble utilise et s’il fonctionne encore correctement. Déterminer le débit de données effectif n’est toutefois pas possible. C’est aussi vrai pour le deuxième testeur présenté dans la vidéo. Il se distingue principalement par le prix plus élevé et par la présentation des résultats plus élégante et plus claire.
Conclusion : il est facile de trouver les plus mauvais câbles
La qualité de la connexion USB, que ce soit pour l’électricité ou les données, dépend de son maillon le plus faible. Gardez les câbles qui ont encore une fiche USB-A uniquement pour des raisons de compatibilité. Surtout s’ils n’ont pas de connecteur bleu, car ils ne prennent en charge que USB 2.
Les outils d’inspection et de test de performance permettent de repérer facilement les « brebis galeuses », à savoir les câbles USB-2 ou ceux sans transmission de données. Il est plus difficile de différencier les bons câbles des très bons. Il faut aux deux extrémités des appareils qui prennent en charge toutes les normes les plus puissantes. Les Mac ne se prêtent pas à ces tests. Le transfert rapide se fait par Thunderbolt et les câbles Thunderbolt sont clairement étiquetés.
Pour le moment, la situation est très confuse avec les différentes versions USB et Thunderbolt, mais il y a un espoir que les choses s’améliorent à l’avenir. Les problèmes de compatibilité entre Thunderbolt et USB se réduisent et les inscriptions claires directement sur le câble semblent s’imposer peu à peu.
Mon intéret pour l'informatique et l'écriture m'a mené relativement tôt (2000) au journalisme technique. Comment utiliser la technologie sans se faire soi-même utiliser m'intéresse. Dans mon temps libre, j'aime faire de la musique où je compense mon talent moyen avec une passion immense.
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