
En coulisse
Nos produits préférés en 2025
par Samuel Buchmann

La construction de mon PC gaming de salon montre à quel point un système de 20 litres peut être exigu et exigeant. Entre les ventilateurs, le bloc d’alimentation et la carte graphique XXL, il ne reste guère de place. Le moment où le système prend enfin vie est d’autant plus exaltant.
Les plans pour ce PC de salon tournent autour d’un objectif : un système haut de gamme basé sur Linux qui a tout d’une console et qui offre une expérience Steam OS qui pulvérise la PS5 et Cie. Passons à la partie pratique, le build ! J’ai réuni les composants : une mémoire vive de 64 Go pour les modpacks Skyrim géants, des SSD rapides pour des temps de chargement courts et un grand refroidisseur Noctua pour un fonctionnement silencieux dans le salon. Sur le papier, tout semble logique. Mais en ouvrant le boîtier Jonsplus Z20, on se rend vite compte à quel point un système de 20 litres est vraiment petit.

Entre les ventilateurs, le bloc d’alimentation et la carte graphique XXL, il ne reste guère de place. Certains gestes demandent plus de doigté que de visibilité, et des gouttes de sueur perlent sur mon front à plusieurs reprises… Non pas par panique, mais par respect pour la précision qu’exige ce boîtier. Mais c’est justement ce mélange de planification, d’improvisation et de moments délicats qui rend le build passionnant. Et oui, le système finit par prendre vie, même si j’ai dû m’y reprendre à deux fois. Avec le recul, un autre bloc d’alimentation m’aurait nettement facilité la tâche.
Notez d’ailleurs que j’avais commandé la plupart des composants début octobre et j’ai été bien inspiré, vu les prix actuels. J’ai assemblé le PC pendant les fêtes, à la fois parce que je n’ai pas eu le temps avant et aussi parce que j’espérais que Noctua sorte ses derniers ventilateurs en noir. Ce qui n’a pas été le cas.
La pièce maîtresse de ce build est la carte mère mATX MSI B850M Mortar WiFi. Trois critères ont motivé ce choix. Premièrement, le chipset AM5 actuel offre suffisamment de sécurité pour l’avenir sans dériver vers des régions expérimentales. Deuxièmement, le port Ethernet 5 gigabits intégré convient parfaitement à un système premium basé sur Linux. Troisièmement, et non des moindres, la carte est noire. Avec le boîtier Jonsplus Z20 au panneau latéral en verre, cela donne un ensemble joliment assorti sans touches de couleur discordantes.

Avant d’installer la carte mère, je l’équipe des pièces qui s’insèrent le plus facilement à l’extérieur du boîtier. Je commence par les trois SSD, chacun a une mission qui lui est propre :


Deux des SSD sont placés à l’avant de la carte, sous le capot de refroidissement qui s’emboîte parfaitement. Le troisième se trouve à l’arrière et bénéficie de son propre élément de refroidissement, un Axagon Aluminium Heatsink (CLR-M2L3).

Je passe ensuite à la mémoire vive : Kingston Fury Beast, 2 × 32 GB, DDR5-RAM, DIMM, 6000 MT/s, CL30, noire et assortie au reste. Mon choix se porte sur 6000 MT/s, car cette vitesse offre le meilleur compromis entre stabilité, latence et performances réelles sur systèmes AM5. Des vitesses plus élevées ne sont pas beaucoup plus avantageuses et les vitesses moindres font chuter la puissance. Et 64 Go, ce n’est pas excessif si je veux jouer à Skyrim en version ultra modded. Le modpack Skyrim que j’ai en tête engloutit jusqu’à un demi téraoctet du SSD et la RAM, tel un trou noir. J’ai délibérément choisi de ne pas utiliser de LED RVB pour mes barres de RAM. Le GPU restera le seul élément lumineux, je préfère une petite touche à un spectacle d’illuminations.

Je finis par installer l’AMD Ryzen 7 9800X3D. Ce choix s’explique facilement : on ne fait pas mieux pour jouer sous Linux en ce moment. L’architecture 3D V-Cache fournit la puissance nécessaire à un système de type Steam OS dans le salon : des taux de rafraîchissement élevés, des temps de chargement courts et une efficacité hors pair dans un boîtier compact de 20 litres. À cela s’ajoute un autre avantage : l’expérience montre qu’AMD fonctionne mieux qu’Intel sous Linux grâce à une architecture plus simple et à une intégration stable du noyau.


Le refroidisseur du CPU viendra plus tard, lorsque la carte mère sera dans le boîtier… même si là, ça me démange de tout finir tout de suite.

Le build prend forme et la carte mère est prête pour la prochaine étape.
Avant que la carte mère ne trouve sa place dans le Jonsplus Z20, je retire d’abord le cadre du ventilateur sur le dessus du boîtier. Cela m’offre un peu plus de liberté de mouvement, un vrai luxe dans un boîtier de 20 litres.

Une fois le cadre retiré, mon regard se pose sur les entretoises de la carte mère. Certaines sont déjà au bon endroit, d’autres pas du tout. Une rapide comparaison avec la disposition mATX, quelques tours de tournevis, et le tour est joué.

Vient ensuite le moment d’insérer la carte mère dans le boîtier. Mes gestes sont calmes et posés. Les bords de la carte glissent sur les entretoises et je l’abaisse en douceur jusqu’à entendre un léger clic. Plus qu’à s’occuper des vis et voilà.


Ensuite, je pose les câbles du panneau avant et les connecte à la carte.

J’essuie les dernières traces de poussière de la surface du CPU à l’aide d’un chiffon. Je me consacre maintenant au refroidisseur Noctua, j’ai pris le plus grand possible pour cette taille de boîtier. Le NH-U12A chromax.black dispose de deux ventilateurs de 120 mm en configuration push-pull. J’attends de lui qu’il offre une puissance de refroidissement généreuse et un silence de fonctionnement indispensable à un salon.

J’applique ensuite la pâte thermique Arctic MX-6, un gros point au centre et quatre plus petits dans les coins du dissipateur. Je pose le refroidisseur avec précaution, je visse le support et j’installe les deux ventilateurs. Un clic ici, un câble là, et l’élément se dresse à présent comme un monolithe noir au milieu du build. Il semble presque trop grand, jusqu’à ce que l’on se rappelle la puissance contenue par ce petit boîtier.
Une fois le refroidisseur monté, les ventilateurs raccordés et un dernier coup d’œil de vérification, la carte mère est fin prête. Bientôt, le bloc d’alimentation, les câbles et la carte graphique se disputent chaque millimètre.
J’attrape alors l’Enermax PlatiGemini 1200 Watt 80 PLUS Platinum, un bloc d’alimentation qui semble presque trop grand dans ce petit boîtier. Je l’insère à l’avant du Z20 et je le visse. Le câble d’alimentation interne, qui va de l’arrière vers l’avant, est déjà bien placé dans le canal prévu.

Je positionne le bloc d’alimentation de manière à ce qu’il y ait encore suffisamment de place au-dessus pour les deux ventilateurs système, car ils ne logeront malheureusement pas à côté par la suite. Le bloc d’alimentation est surdimensionné en matière de puissance. Même les futures mises à niveau potentielles du système ne pourront jamais l’utiliser à pleine capacité. Je l’ai commandé parce qu’apparemment, l’efficacité serait optimale entre 20 et 50 % de charge. Espérons que cela aura aussi un impact sur sa longévité. Quant au ventilateur, il ne devrait jamais être audible.

Passons au câblage. Les câbles fournis sont finement torsadés. J’aurais préféré des câbles plus épais, mais je suis finalement content que ce ne soit pas le cas. Les nombreux brins fins filent vers des endroits exigus en passant autour du bloc d’alimentation. Je dois appuyer et pousser un peu dessus pour que tout rentre. Oubliez l’esthétique, après tout, personne ne verra ce bazar une fois le boîtier fermé. Avec le recul, j’aurais quand même dû prendre un bloc d’alimentation plus compact. Je vois d’ores et déjà que l’espace sera juste pour la carte graphique, dont la partie arrière se trouve sous le bloc d’alimentation.

J’installe ensuite les deux Noctua NF-A14 PWM chromax.black qui doivent assurer l’évacuation de l’air chaud en haut du boîtier. Les ventilateurs sont certes livrés avec des pads anti-vibrations de différentes couleurs, mais seulement quatre par couleur, ce qui m’oblige à faire des mélanges puisqu’il en faut huit par ventilateur. Pour un aspect homogène, je remplace les pads colorés par des [pads Noctua NA-SAVP1] noirs(/s1/product/noctua-na-savp1-anti-vibrations-pads-pc-luefter-zubehoer-6338177). Je visse les ventilateurs au cadre, le replace dans le boîtier à la manière d’un tiroir et le visse. Ensuite, je connecte les deux câbles de ventilateur avec un splitter PWM en Y (Noctua NA-SYC1 chromax) et je les branche sur le même connecteur PWM de la carte mère. Cela me permettra de les gérer en même temps lors de la création de la courbe de ventilation dans l’UEFI.
Vient ensuite le ventilateur arrière du boîtier, un Noctua NF-A12x25 PWM chromax.black. Lui aussi obtient des pads noirs, je le visse et le raccorde.

J’opte pour les ventilateurs Noctua d’une part en raison de mes bonnes expériences avec la marque, mais aussi parce qu’ils offrent une pression statique élevée, un fonctionnement très silencieux et un refroidissement fiable à faible vitesse dans ce petit boîtier. Il n’y a malheureusement pas de place pour des ventilateurs supplémentaires dans le bas du boîtier, car la carte graphique est trop grande et trop basse. Par conséquent, les ventilateurs du GPU seront responsables de l’apport d’air frais dans le boîtier. Ce n’est pas idéal, mais c’est inévitable avec ce facteur de forme.
Pour la carte graphique, j’opte pour la Sapphire Radeon RX 9070 XT Nitro+. Elle est considérée comme l’une des cartes au refroidissement le plus silencieux de sa catégorie, un point crucial pour un PC de salon qui doit faire moins de bruit que la PS5 Pro. J’ai de la puissance à ne plus savoir quoi en faire et sans le bruit de sèche-cheveux typique de nombreux modèles haut de gamme.

Le raccord d’alimentation de la carte graphique se trouve sous la plaque arrière magnétique. Je l’enlève, passe le câble par le bas dans le port 16 broches caché sur le côté et remets la plaque en place.
Le slot PCIe et son mécanisme de verrouillage sont bien visibles et accessibles avant l’insertion de la carte graphique. J’appuie sur le bouton pour déverrouiller le slot et commence à insérer la carte avec précaution. Heureusement, avec un peu d’aide et en pliant les câbles, elle passe sous le bloc d’alimentation. Mais à cause de la taille du ventilateur et de la proximité avec le fond du boîtier, je ne vois plus le slot pendant l’insertion. Dès lors, je procède à tâtons. Je ne sais pas si la carte est bien dans son slot. Je me repère au bord supérieur horizontal et au toucher, avant d’enfin appuyer avec espoir sur le bouton de verrouillage. Ça rentre !

L’assemblage est donc terminé. Je pose le boîtier sur la table, je branche l’écran, le clavier, la souris et le câble d’alimentation et je souffle un peu. Il n’y a plus de raison d’attendre !
J’appuie sur le bouton d’alimentation. L’ordinateur démarre. Les ventilateurs tournent, les LED s’allument, mais l’écran reste noir. Les LED EZ Debug (visibles sur l’image ci-dessous) sont rouges pour le CPU et jaunes pour la RAM. Dans mon état mêlant stress, fatigue et impatience, j’interprète cela comme une erreur. Je coupe le courant et pars à la recherche de la panne.
La RAM est bien en place, tout est bien en place. Je m’arrête un instant et me souviens d’une chose : le « training » de la RAM. Mais c’est bien sûr ! Le training de la RAM est le processus pendant lequel la carte mère détermine les réglages et les tensions optimales de la mémoire après le premier démarrage, avant que le système ne démarre normalement. Cela prend du temps. Parfois plus longtemps qu’on ne le voudrait.

Je redémarre et cette fois, je patiente. Après environ cinquante secondes, l’image apparaît. Je pousse un soupir de soulagement, je suis enfin dans l’UEFI. Le système est vivant. Et dès le prochain démarrage, le PC démarre aussi vite que je m’y attendais.
Après une pause, je mets à jour l’UEFI via une clé USB, règle la RAM sur 6000 MT/s (profil EXP01) et passe en revue les principales options. Je désactive le MSI Game Boost pour utiliser tous les cœurs, je désactive l’iGPU, je définis des valeurs manuelles pour le Precision Boost Overdrive et je désactive le Bluetooth, car je vais utiliser un adaptateur à la place (le module embarqué ne fonctionne pas encore sous Bazzite à cause de pilotes manquants). Je définis aussi les courbes de ventilation du système et du CPU. Ensuite, j’installe Windows ; non pas pour jouer, mais pour régler la barre de LED de la carte graphique de manière à ce qu’une lumière orange semblable à celle de Knight Rider se promène. Un détail superflu, mais qui a toute sa place dans ce build.


Le lendemain, j’installe et configure Bazzite, je télécharge les premiers jeux, j’installe Proton GE et, après avoir réglé les paramètres de démarrage du jeu, je lance un jeu que j’ai déjà commencé sur la PS5 Pro. Avec les paramètres de qualité élevés, The Outer Worlds 2 donne carrément l’impression d’être un autre jeu. Je suis bouche bée en constatant que le travail méticuleux des derniers jours a bel et bien porté ses fruits.
« The Machine », comme je le surnomme affectueusement, a remplacé ma console et trône fièrement dans le salon. Et pas à même le sol, malheureux ! Je lui ai fabriqué un socle à partir d’une caisse en bois pour qu’il n’aspire pas les moutons de poussière qui traînent.

Je suis fier de voir comment mon bébé, avec son noir mat, ses touches d’orange et sa poignée de transport pratique, est bien plus beau que la PS5 Pro à côté de l’énorme télé, tout en prenant très peu de place. Mais je n’en ai pas encore fini. Par exemple, je n’ai pas encore testé la qualité du VRR en HDR 4K et à 120 Hz, idéalement en pleine résolution couleur 4:4:4, via l’entrée HDMI du téléviseur. Actuellement, cela n’est possible avec une carte AMD sous Linux que de manière détournée, avec le bon adaptateur DP vers HDMI. J’ai deux candidats de Cable Matters et Ugreen en tête que je vais comparer.
Le baiser quotidien de la muse stimule ma créativité. Si elle m’oublie, j’essaie de retrouver ma créativité en rêvant pour faire en sorte que mes rêves dévorent ma vie afin que la vie ne dévore mes rêves.
Des informations intéressantes sur le monde des produits, un aperçu des coulisses des fabricants et des portraits de personnalités intéressantes.
Tout afficher