Test de produit

L’appareil photo Sony Alpha 7R VI : une belle qualité d’image

Samuel Buchmann
13/5/2026
Traduction : Stéphanie Klebetsanis

Résolution et plage dynamique : le nouvel appareil photo haut de gamme de Sony pose de nouveaux jalons. Son capteur superposé le rend plus rapide que son prédécesseur, même si ce n’est pas le plus rapide de sa catégorie.

Sony a fait évoluer son appareil photo haut de gamme à haute résolution en lançant un nouveau modèle. L’Alpha 7R VI est équipé d’un nouveau capteur superposé de 67 mégapixels. Il lit les données de deux niveaux ISO natifs simultanément lorsqu’il utilise son obturateur mécanique et atteint ainsi une plage dynamique plus étendue que son prédécesseur.

Le nouveau capteur fait aussi une mise au point automatique très rapide, et l’effet rolling shutter est relativement faible dans ses vidéos. Sony a aussi amélioré le viseur électronique, le stabilisateur d’image, diverses fonctions et l’ergonomie de son modèle. Voici un aperçu des données techniques :

Plus de pixels et une plus grande plage dynamique

Sony a légèrement augmenté la résolution d’environ 6 mégapixels par rapport à son ancien modèle. L’Alpha 7R V figurait déjà parmi les meilleurs appareils avec ses 60,2 mégapixels. La résolution des images passe donc de 9504 × 6336 à 9984 × 6656 pixels. Pas besoin de plus, les images des deux appareils photo sont déjà extrêmement détaillées.

L’extérieur du Sony Alpha 7R VI ressemble à son prédécesseur.
L’extérieur du Sony Alpha 7R VI ressemble à son prédécesseur.

Avez-vous vraiment besoin d’autant de pixels ? En photographie animalière, où les images sont souvent très recadrées, oui. Et si vous imprimez des photos de paysages en grand format, la richesse des détails vous plaira. Sinon, la haute résolution ne vous gênera de toute façon pas, puisque le bruit d’image potentiellement plus intense sur un affichage à 100 % disparaît lorsqu’on réduit l’échelle.

Les gros volumes de données, par contre, sont un inconvénient. Depuis que Sony a modifié ses formats il y a quelques mois, un fichier RAW compressé sans perte provenant de l’Alpha 7R VI pèse environ 100 mégaoctets. Le nouveau modèle ne crée plus de fichiers non compressés ; il produit uniquement des fichiers Lossless Compressed, Compressed RAW (HQ) et Compressed RAW. Le niveau moyen remplace les anciens niveaux Lossless Compressed (M) et Lossless Compressed (S). Je trouve que Sony a eu raison de simplifier son système. Sur le terrain, le format RAW compressé (HQ) est généralement le meilleur choix. La taille des fichiers diminue d’environ 40 % pour atteindre environ 60 mégaoctets, sans perte de qualité visible.

Extrait d’un fichier JPG au rendu standard, tel qu’il est créé par l’appareil photo.
Extrait d’un fichier JPG au rendu standard, tel qu’il est créé par l’appareil photo.

Cela dit, l’amélioration théorique de la plage dynamique (c’est-à-dire le niveau de contraste maximum qu’une scène peut atteindre avant que l’image soit surexposée ou que les ombres ne deviennent floues) est nettement plus pertinente qu’une résolution plus élevée. Selon Sony, la plage dynamique augmente d’au moins une valeur de diaphragme par rapport au modèle précédent. Si c’est bien le cas, l’Alpha 7R VI serait le leader de sa catégorie pour cette caractéristique. En effet, l’ancien modèle obtenait déjà d’excellents résultats durant les tests.

Malheureusement, à la date de publication de mon article, Lightroom ne prend pas encore en charge les fichiers RAW du nouvel appareil, (même en modifiant les données EXIF). Impossible de vérifier cette amélioration sur les photos à l’heure actuelle, contrairement aux vidéos (voir ci-dessous), sur lesquels je ne peux pas quantifier précisément cet avantage. Mais l’Alpha 7 V maîtrise aussi le Dual Gain, ce qui nous donne un indice. En effet, à 100 ISO, le site de tests de capteurs Photons to Photos (en anglais) mesure une plage dynamique exploitable de près d’une valeur de diaphragme supérieure à celle du Sony Alpha 7R V. DPReview (en anglais) conclut qu’une photo prise à 400 ISO peut être éclaircie pratiquement sans inconvénients, comme si elle avait été prise à 6400 ISO. À mon avis, l’Alpha 7R VI donnera des résultats tout aussi bons.

Grâce à la technologie Dual Gain, l’Alpha 7 V (la ligne noire) et son capteur partiellement superposé atteint une plage dynamique supérieure à celle des autres appareils photo. L’Alpha 7R VI fait de même.
Grâce à la technologie Dual Gain, l’Alpha 7 V (la ligne noire) et son capteur partiellement superposé atteint une plage dynamique supérieure à celle des autres appareils photo. L’Alpha 7R VI fait de même.
Source : Photons to Photos

Attention, sachez que l’augmentation de la plage dynamique ne fonctionne qu’avec un obturateur mécanique. Avec l’obturateur électronique, l’appareil photo ne peut pas lire les deux niveaux ISO en même temps. Si vous voulez prendre des clichés en rafale, vous devrez choisir entre 10 fps (mécanique) avec une qualité d’image maximale, et jusqu’à 30 fps (électronique) avec une plage dynamique légèrement réduite.

Un modèle certes plus rapide, mais pas le plus rapide

Le deuxième avantage du capteur superposé, c’est sa vitesse de lecture supérieure. Le modèle précédent a un effet de rolling shutter très intense lorsqu’on utilise l’obturateur électronique. L’Alpha 7R VI, au contraire, le maîtrise assez bien. Comme d’habitude, Sony ne fournit aucune donnée concrète. Lorsque je photographie le test de scan-out de Blur Busters (en anglais) sur mon écran OLED, j’obtiens des images monochromes jusqu’à 60 Hz. À 100 Hz, une seule couleur occupe encore jusqu’à 70 % de l’image.

L’image de test change de couleur 100 fois par seconde. Comme le Sony Alpha 7R VI met plus de 1/100 de seconde pour lire toutes les lignes de l’image, on voit plusieurs couleurs en même temps.
L’image de test change de couleur 100 fois par seconde. Comme le Sony Alpha 7R VI met plus de 1/100 de seconde pour lire toutes les lignes de l’image, on voit plusieurs couleurs en même temps.

Cela veut dire que le Sony Alpha 7R VI lit son capteur en environ 1/70 de seconde, ce qui correspond à environ 14 ms. C’est un résultat correct pour une résolution si élevée, sans plus. Le capteur lit environ deux fois plus vite chaque mégapixel que celui, partiellement superposé, de l’Alpha 7 V, mais près de trois fois plus lentement que celui de l’Alpha 1 II. Pour quelle raison ? D’après Sony, contrairement au modèle phare, l’Alpha 7R VI n’est pas équipé d’une mémoire sur puce. Voici un aperçu des temps de lecture de certains modèles :

Que veut dire tout ça, concrètement ? Le Sony Alpha 7R VI peut généralement être utilisé sans problème avec l’obturateur électronique. Des distorsions peuvent apparaître si vous photographiez des sujets qui bougent très rapidement. Si vous voulez profiter pleinement de la vitesse de prise de vue en rafale de 30 fps lors d’événements sportifs ou photographier des scènes d’action, les modèles concurrents vendus dans la même gamme de prix seront probablement plus intéressants.

Les arbres semblent courbés sur les plans panoramiques pris très rapidement.
Les arbres semblent courbés sur les plans panoramiques pris très rapidement.

Avec un système de fermeture mécanique, le problème disparaît, mais vous ne pourrez pas dépasser les 10 fps. Je n’ai pas besoin de plus. Sinon, l’appareil photo produirait un énorme volume de données. Mais si vous voulez vraiment saisir le moment précis où une raquette de tennis frappe une balle, ça ne vous suffira pas. La fonction de pré-enregistrement ne fonctionne elle aussi qu’avec un obturateur électronique. Le délai pendant lequel l’appareil photo enregistre des images avant même que l’on appuie sur le déclencheur peut être réglé entre 0,03 et 1 seconde. La mémoire tampon destinée à la prise de vue en rafale permet de stocker environ 70 photos au format RAW HQ compressé. Ça correspond à un peu plus de deux secondes de prise de vue en continu, à la vitesse maximale.

Le processeur utilisé est le même Bionz XR2 avec unité de traitement IA intégrée que celui de l’Alpha 7 V. Il détecte les yeux, les visages, les personnes, les oiseaux, insectes et autres animaux, les voitures, les trains et les avions. Je peux choisir un sujet précis ou laisser l’appareil photo s’en charger. L’autofocus est rapide et fiable, mais pas aussi stable que celui du Sony Alpha 1 II. L’Alpha 1 II réajuste la mise au point et l’exposition 120 fois par seconde, tandis que l’Alpha 7R VI ne le fait « que » 60 fois par seconde.

Un super viseur et une bonne autonomie de batterie

J’apprécie particulièrement le viseur électronique (EVF) plus lumineux, qui facilite la prise de photos en plein soleil. L’EVF couvre l’intégralité de l’espace colorimétrique DCI-P3 et affiche un taux de rafraîchissement de 120 Hz. La qualité de l’affichage ne baisse plus dès que j’active l’autofocus, comme c’était le cas avec l’Alpha 7R V. La résolution reste excellente (9,44 millions de pixels). Globalement, le viseur est donc nettement meilleur que ceux du Canon EOS R5 Mark II et du Nikon Z8.

Le mécanisme de pliage est très chouette, mais j’aimerais avoir enfin un écran LCD digne d’un smartphone.
Le mécanisme de pliage est très chouette, mais j’aimerais avoir enfin un écran LCD digne d’un smartphone.

L’écran LCD au dos de l’appareil n’a pas changé. Il est monté sur le célèbre mécanisme de pliage « origami » que Sony utilise sur tous ses appareils photo actuels ; il permet de régler l’appareil dans toutes les positions imaginables. La résolution de 2,1 millions de pixels est standard, et la luminosité correcte. Par contre, au vu des écrans OLED de nos smartphones actuels, celui du Sony Alpha 7R VI est vieillot, comme ceux de tous les autres appareils photo de ce segment, d’ailleurs. Chers fabricants, faites un effort, s’il vous plaît !

La nouvelle batterie, en revanche, est une petite révolution à elle seule. Pendant près de dix ans, Sony a utilisé la batterie NP-FZ100 dans tous ses appareils photo plein format. Il vient de la remplacer par la NP-SA100. La nouvelle batterie a une capacité de 2670 mAh (celle de la NP-FZ100 était de 2280 mAh) et, selon la norme CIPA, elle permet de prendre 590 photos avec l’EVF de l’Alpha 7R VI. C’est 34 % de plus que la NP-FZ100 de l’Alpha 7R V. Malgré sa capacité accrue, la NP-SA100 n’est pas plus lourde que sa prédécesseur. Seul inconvénient : son nouveau format la rend incompatible avec les autres appareils photo.

L’Alpha 7R VI a une très grande autonomie grâce à sa nouvelle batterie.
L’Alpha 7R VI a une très grande autonomie grâce à sa nouvelle batterie.

La poignée de l’appareil est légèrement plus épaisse, car la nouvelle batterie est plus grande. Avec mes mains de taille moyenne, je ne me plains pas. Selon Sony, le stabilisateur d’image a également fait de légers progrès. Il compense désormais les mêmes 8,5 valeurs de diaphragme au centre de l’image que l’Alpha 1 II. Je ne vois aucune différence quand je le compare directement avec l’Alpha 7R V. Même chose pour le maniement de l’appareil, à une belle exception près : il est enfin doté d’un rétroéclairage des touches, même si ce n’est qu’à l’arrière.

Vous activez le rétroéclairage des touches en appuyant sur un bouton (en haut, à côté du bouton C2), ou vous le laissez activé en permanence.
Vous activez le rétroéclairage des touches en appuyant sur un bouton (en haut, à côté du bouton C2), ou vous le laissez activé en permanence.

Une fonction vidéo grandement améliorée

La fonction vidéo de l’ancien Alpha 7R V n’a jamais été très populaire. Elle permettait de filmer en 8K, mais la lenteur du capteur entraînait des effets de rolling shutter très marqués. Le nouveau modèle résout ce problème, à quelques détails près. Les lignes droites se déforment seulement lorsque la caméra fait des mouvements très rapides.

L’Alpha 7R VI filme en 8K jusqu’à 30 fps avec le codec H.265 en 8,2K en suréchantillonnage, avec un crop mutiplié par 1,2. La 4K va jusqu’à 120 fps, sans crop. À 120 fps, je dois activer la fonction Angle of View Priority pour avoir un cadrage complet, ce qui élimine en partie la réduction du bruit. Sinon, le crop est multiplié par 1,1. Pour les vidéos en 4K, la caméra utilise une combinaison de sous-échantillonnage 2:1 et de suréchantillonnage 5K. Cela veut dire que les prises en 4K exploitent toute la largeur du capteur, mais pas tous les pixels. Elles sont donc nettement moins nettes que des images en 8K à échelle réduite, et moins nettes que plusieurs de ses concurrents en mode 4K, y compris l’Alpha 7 V de Sony.

Le nouveau mode Dual Gain m’a intrigué. Lorsqu’il est activé, le capteur lit simultanément ses deux niveaux ISO natifs afin d’obtenir une plage dynamique plus étendue, exactement comme une prise de vue avec un obturateur mécanique. Ça demande du temps et de la puissance de calcul. La vidéo Dual Gain a donc deux défauts : premièrement, elle ne fonctionne qu’en résolution 4K à 30 fps maximum et consomme davantage de batterie. Deuxièmement, l’effet de rolling shutter est plus intense. Par contre, les fichiers vidéo ont nettement moins de bruit d’image dans les zones d’ombre. C’est bien visible lorsque je les éclaircis a posteriori (voir la vidéo ci-dessus).

On peut maintenant enregistrer le son en 32 bits float avec l’adaptateur XLR vendu séparément. Le petit Tally Light (voyant lumineux) est également une nouveauté bienvenue. Je dois tout de même critiquer Sony sur quelques détails : je ne peux toujours pas filmer à 30 fps avec le codec H.265, allez savoir pourquoi. Et il n’y a pas de vidéo Open Gate, pas d’affichage de formes d’onde et pas non plus de fonction de pré-capture vidéo.

Bilan

Beaucoup de pixels, peu de défauts

À première vue, avec son capteur superposé, le Sony Alpha 7R VI ressemble à un Alpha 1 II proposé à un prix imbattable. Mais ce n’est pas tout à fait le cas. La gamme R continue de privilégier une qualité d’image maximale à la vitesse. Le nouveau capteur est certes superposé, mais il lit les données d’image nettement plus lentement que celui de l’Alpha 1 II. En revanche, il monte la barre d’un cran en matière de résolution et de plage dynamique.

Attention, ça ne veut pas dire que l’Alpha 7R VI est lent ! L’autofocus et la vitesse de prise de vue en rafale sont excellents. L’effet de rolling shutter est léger et pose rarement problème sur le terrain, mais il est plus fréquent que sur le Sony Alpha 1 II, le Nikon Z8 ou le Canon EOS R5 Mark II. Ce champion des mégapixels n’est donc pas l’outil idéal des photographes de sport. Les photographes animaliers, quant à eux, devront définir leur priorité : haute résolution ou capteur plus rapide ?

Par contre, avec sa qualité d’image, son excellent viseur électronique, son stabilisateur d’image de qualité et l’autonomie de la batterie, le Sony Alpha 7R VI est la nouvelle référence des photographes de paysage, de portrait, et de studio. Côté vidéo, il s’en tire bien aussi, sans plus. Son prix de départ, 4399 francs, est bien plus élevé que celui des modèles comparables de Canon et Nikon. Au final, Sony lance un appareil photo hybride cher mais haut de gamme qui fera certainement le bonheur de beaucoup d’entre vous.

Pro

  • excellente qualité d’image
  • autofocus rapide
  • vitesse de prise de vue en rafale élevée
  • très bonne fonction vidéo
  • bonne autonomie
  • viseur leader du marché

Contre

  • plus cher que les modèles concurrents
  • pas le capteur le plus rapide
Sony Alpha 7R VI (66.80 Mpx, Plein format)
Appareil photo
Nouveau
CHF4399.–

Sony Alpha 7R VI

66.80 Mpx, Plein format

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Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse. 


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