Test de produit

MacBook Neo : du haut de gamme à petit prix

Samuel Buchmann
17/3/2026
Traduction : Rose-Hélène Moquet
Vidéo: Piero Istrice
Caméra: Nico Bernasconi

Le nouvel ordinateur d’Apple destiné au plus grand nombre fait d’ores et déjà figure de référence dans son segment de prix. Les concessions nécessaires ne devraient guère gêner les acheteurs potentiels.

La vidéo est en suisse allemand

Le MacBook Neo est le produit le plus important d’Apple depuis des années. Avec un prix de 579 francs suisses ou 699 euros, il s’adresse à des personnes qui n’auraient jamais envisagé s’acheter un Mac auparavant. Pour y arriver, il a fallu faire des compromis. Que vaut le Neo par rapport à un vrai MacBook ?

Design et finitions de première qualité

On constate très vite qu’Apple n’a pas lésiné sur le design et la finition. Le MacBook Neo semble aussi solide et de qualité que mon MacBook Pro à 4000 francs. Corps monocoque en aluminium, pas de jeu, une charnière avec juste ce qu’il faut de résistance. Chez d’autres fabricants, on a droit à du plastique qui craque pour ce genre de prix.

Il a tout l’air d’un MacBook.
Il a tout l’air d’un MacBook.

Les bords plus arrondis que ceux du MacBook Air, ainsi que les couleurs vives comme l’agrume ou le rose poudré donnent un côté plus sympathique à l’ordinateur. Le Neo est plus épais de 1,4 mm et légèrement plus petit que le MacBook Air. Malgré un poids identique, il semble donc un peu plus encombrant en comparaison directe. De plus, les larges bords autour de l’écran semblent moins modernes.

Le MacBook Neo (à gauche) est plus épais et moins anguleux que le MacBook Air (à droite).
Le MacBook Neo (à gauche) est plus épais et moins anguleux que le MacBook Air (à droite).

La qualité de l’écran LCD est excellente pour cette gamme de prix. Avec la même densité de pixels de 219 ppi et la même luminosité maximale de 500 cd/m² que le MacBook Air, il offre une image nette et contrastée. Il n’y a qu’en extérieur que le MacBook Pro fait mieux. Dans l’obscurité, l’absence de gradation locale signifie que le noir n’est pas vraiment noir. On retrouve cependant ces deux aspects sur le MacBook Air et Windows ne propose rien de comparable à ce prix.

L’économie dans les détails

C’est sur les petites choses qu’Apple s’est serré la ceinture. Le Neo n’a pas de capteur TrueTone, qui adapte la température de couleur de l’écran à la lumière ambiante. La webcam n’a qu’une résolution de 2 mégapixels au lieu de 12, ce qui n’est pas franchement dérangeant, car la résolution HD est bien suffisante pour les appels vidéo. Comparé au MacBook Air, le son des haut-parleurs est un peu moins clair, mais plus riche en basses.

Ce qui me manque le plus, c’est le rétroéclairage du clavier. Cela me complique la tâche lorsque je veux répondre à quelques messages tard le soir. Il n’y a pas non plus de capteur Touch ID dans la version avec SSD 256 Go. À part ça, le Magic Keyboard est aussi agréable au toucher que sur les autres MacBook.

Contrairement aux autres MacBook, le clavier est blanc et non éclairé.
Contrairement aux autres MacBook, le clavier est blanc et non éclairé.

Il en va de même pour le pavé tactile. S’il est plus petit en raison de la forme du Neo, mon doigt glisse sur la surface en verre avec la même fluidité que d’habitude. Seule différence : le clic est mécanique et je dois donc appuyer physiquement sur le pavé pour le faire bouger. Un moteur à vibrations y simule la sensation du clic. Je trouve le clic mécanique légèrement moins agréable au toucher.

C’est au niveau des connecteurs que les concessions sont le plus visibles. Les deux ports USB-C sur le côté gauche ne sont pas compatibles avec Thunderbolt. L’un transmet un maximum de 10 Gb/s (USB 3), l’autre seulement 480 Mb/s (USB 2). On ne peut donc y connecter qu’un seul moniteur externe avec une résolution maximale de 4K à 60 images par seconde. Au moins, l’écran de l’ordinateur portable continue de fonctionner. Pour le reste, il y a juste une prise casque en bas à gauche. Pas de MagSafe. L’impact de ces restrictions dépendra des habitudes de chacun. La majorité des périphériques se connectant désormais sans fil, la plupart des utilisatrices et utilisateurs n’auront sans doute pas besoin de connecter plusieurs appareils en même temps.

Si vous connectez un appareil de stockage sur le port lent (à droite), le système vous le signalera.
Si vous connectez un appareil de stockage sur le port lent (à droite), le système vous le signalera.

Plus sprinteur que marathonien

Le MacBook Neo contient la puce A18 Pro issue de l’iPhone 16 Pro de 2024. Pour optimiser la fabrication, Apple utilise une version allégée (« binned ») de la puce : celle de l’iPhone 16 Pro avait un GPU six cœurs, contre cinq pour celle du MacBook Neo. En désactivant un cœur, Apple diminue les rebuts de fabrication, car chaque tranche ne doit pas être parfaite. Autre conséquence d’une production optimisée : la mémoire vive (RAM) de 8 Go ne peut pas être étendue dans le configurateur.

La puce du smartphone obtient néanmoins des scores remarquables dans les tests de performance synthétiques. Les performances monocœurs sont légèrement supérieures à celles de la M3 dans Cinebench (diapositive 1 du graphique ci-dessous), l’A18 Pro frôle même les valeurs de la M4 dans Geekbench 6 (diapositive 4). Elle dépasse les meilleures puces mobiles d’Intel (Core Ultra X9 388H) et d’AMD (Ryzen AI Max+ 395) de 17 et 20 % respectivement. Seule la Snapdragon X2 Elite Extreme de Qualcomm reste 15 % plus rapide.

En mode multicœur, l’A18 Pro est plus nettement en retrait par rapport aux dernières générations de puces M (diapositive 2). Le MacBook Air le moins cher, équipé d’une M5 allégée, obtient des scores supérieurs de 114 % en moyenne, tandis que la dernière génération équipée de la M4 dépasse toujours l’A18 Pro de 106 %. L’écart est particulièrement important pour les tests plus longs comme le Cinebench R24 (diapositive 9). Dans mes tests de performance graphiques, qui fonctionnent avec 8 Go de RAM, les deux derniers MacBook Air se distinguent du MacBook Neo de 106 et 51 % respectivement (diapositive 3).

La mémoire vive comme goulot d’étranglement

Grâce à sa bonne performance monocœur, le Neo donne l’impression d’être rapide comme l’éclair dans la plupart des tâches quotidiennes, comme la navigation sur Internet ou le traitement de texte. On le mesure notamment avec le test de performance de navigateur Speedometer (diapositive 1 du graphique ci-dessous). Toutefois, plusieurs programmes ou onglets parallèles remplissent très rapidement la mémoire vive. Le SSD doit alors prendre le relais en tant que mémoire intermédiaire (« swap memory ») qui ne s’avère pas particulièrement rapide avec environ 1500 Mo/s en lecture et en écriture.

Cela suffit néanmoins pour surmonter de brefs pics de charge. Si vous y avez recours de manière excessive tous les jours, le SSD peut s’user avec le temps. Cependant, la plupart des personnes remplacent souvent leur appareil avant que cela ne devienne vraiment un problème. Pour ceux qui ont l’habitude d’avoir de très nombreux onglets ouverts et de faire plusieurs choses à la fois, je recommande plutôt les 16 Go de RAM du MacBook Air qui saura mieux gérer les surcharges de RAM.

Lorsque je lance des applications plus gourmandes en puissance sans tâches en arrière-plan, le MacBook Neo s’en sort étonnamment bien. Le traitement classique des images dans Lightroom est fluide. Or, lors des exportations (diapositive 2 du graphique ci-dessus) ou si j’utilise des filtres exigeants comme le débruitage IA (diapositive 3), le manque de puissance de la puce se fait sentir. Cela vaut également pour la vidéo : monter un film de vacances avec iMovie ne pose aucun problème, mais les titres et effets animés viennent pousser l’A18 Pro dans ses retranchements. L’exportation de mon projet de test dans DaVinci Resolve prend donc beaucoup de temps (diapositive 4).

Autonomie de la batterie

La batterie du MacBook Neo a une capacité d’à peine 36,5 wattheures, soit 32 % de moins que celle du MacBook Air 13 pouces (53,8 wattheures). Le fabricant aurait probablement pu en mettre plus dans le boîtier, mais il aurait fallu sacrifier le poids et le prix. Et comme la puce du smartphone ne consomme que peu d’énergie, l’autonomie de la batterie reste appréciable. Selon Apple, elle correspond à 16 heures de streaming vidéo, soit seulement 12 % de moins que le MacBook Air M5 (18 heures). Ce n’est pas tout à fait ce que dit mon test.

En utilisation continue sur YouTube, le MacBook Neo tient environ 25 % moins longtemps que le MacBook Air actuel. Cinq exportations de ma vidéo de test consomment en outre trois fois plus de batterie : il en reste ensuite 47 % au MacBook Neo, ce qui le place au même niveau que le MacBook Air M3. Après la même tâche, le MacBook Air M5 affiche encore 82 % au compteur. Ces différences sont certes significatives en termes relatifs, mais dans l’absolu, le Neo devrait tout de même tenir une journée de travail, ce qui n’est pas le cas de nombreux appareils Windows de cette gamme de prix. De plus, le petit MacBook reste toujours silencieux grâce à son système de refroidissement passif.

L’autonomie de la batterie est un peu plus courte que celle des appareils plus chers, mais elle reste très bonne.
L’autonomie de la batterie est un peu plus courte que celle des appareils plus chers, mais elle reste très bonne.

Bilan

Une nouvelle référence pour les petits budgets

Le MacBook Neo fait penser à l’Apple II de 1977, au premier iMac de 1998 ou encore au MacBook Air M1 de 2020 : il combine un niveau de facilité d’utilisation, de design et de performance encore inédit pour un tel prix. Apple récolte les fruits de la chaîne d’approvisionnement optimisée que son CEO Tim Cook a mis des décennies à construire. Actuellement, aucun autre fabricant n’est capable de rivaliser.

Pour les tâches quotidiennes comme la navigation sur Internet, la bureautique ou le traitement basique d’images, le MacBook Neo offre une expérience haut de gamme à un prix raisonnable. Les programmes s’ouvrent rapidement et fonctionnent de manière fluide. L’appareil n’a pas besoin de ventilateur. L’écran, le clavier et le pavé tactile sont d’une qualité supérieure à la moyenne. Le corps monocoque en aluminium semble aussi qualitatif que celui d’un MacBook Pro.

Les activités plus exigeantes et le multitâche ne mettent pas vraiment à mal l’A18 Pro et les 8 Go de RAM. Si vous avez besoin de beaucoup de puissance ou que vous avez de nombreuses applications ouvertes en permanence, je vous conseille plutôt de vous tourner vers un MacBook Air, voire un Pro. Ces modèles bénéficient de plus de connecteurs ainsi que d’un clavier rétroéclairé. Il n’empêche que le MacBook Neo fait désormais figure de référence dans ce segment de prix. Si vous êtes à la recherche d’un ordinateur portable pour l’école, le travail de bureau ou votre grand-mère, difficile de faire mieux.

Pro

  • prix très intéressant
  • design de qualité
  • étonnamment performant
  • bon écran
  • reste silencieux et ne surchauffe pas
  • bonne autonomie de la batterie

Contre

  • peu de RAM et SSD
  • connecteurs spartiates
  • pas de rétroéclairage du clavier
Apple MacBook Neo – 2026 (13", 256 Go, 8 Go, Suisse (QWERTZ), Apple A18 Pro)
Ordinateur portable
CHF579.–

Apple MacBook Neo – 2026

13", 256 Go, 8 Go, Suisse (QWERTZ), Apple A18 Pro

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Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse. 


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