Test de produit

Cet appareil photo Fujifilm est capable d’imprimer des vidéos

Michelle Brändle
17/2/2026
Traduction : Sophie Boissonneau

Avec le nouvel Instax Mini Evo Cinema, Fujifilm promet des vidéos de 15 secondes à imprimer. En réalité, j’ai plutôt l’impression de me retrouver devant une crise existencielle sur papier photo.

Fujifilm est passé maître dans l’art de combiner charme rétro et technologie moderne. J’adore mon appareil photo reflex Fujifilm X-T5, sur lequel je peux régler tous les paramètres à l’aide de molettes analogiques. Le fabricant a cependant manqué sa cible avec l’Instax Mini Evo Cinema.

Design au top, mais flop matériel

L’appareil photo est un délice pour les yeux. Son design rend hommage au légendaire Fujica Single 8 de 1965. Avec ses 13 × 10 × 3 cm, il se glisse facilement dans la poche d’une veste, mais il semble plus évolué que son aîné grâce à ses nombreux boutons et molettes.

Comparaison de la taille de la Mini Evo Cinema avec celle de mon Google Pixel 10 Pro.
Comparaison de la taille de la Mini Evo Cinema avec celle de mon Google Pixel 10 Pro.

Le choc vient au premier contact, l’appareil est terriblement léger et ça n’est pas un bon point. Malgré ses plus de 400 francs suisses, le boîtier est entièrement en plastique. Alors que la plupart des modèles Instax coûtent moins de 200 francs suisses, le poids plume qui nous intéresse aujourd’hui semble presque fragile malgré son coût deux fois plus élevé.

Le Mini Evo Cinema est beau, mais presque uniquement composé de plastique.
Le Mini Evo Cinema est beau, mais presque uniquement composé de plastique.

Avant d’en venir aux résultats, voici les spécifications en un coup d’œil :

  • résolution photo : 1920 × 2560 pixels ;
  • standard vidéo : 600 × 800 pixels (clips de 15 secondes) ;
  • vidéo haute résolution : 1080 × 1440 pixels ;
  • objectif : focale de 28 mm, ouverture f/1.8 ;
  • format d’impression : 62 × 46 mm (film Instax Mini) ;
  • autonomie de la batterie : environ 30 minutes – temps pour une charge complète : 60 minutes.

Trop de superflu

L’appareil photo se veut tout d’abord caméra vidéo, mais échoue : la faible résolution donne généralement des résultats flous, couronnés par la médiocrité de l’audio. Les vidéos elles-mêmes ne me donnent pas envie de les regarder à nouveau avec plaisir. J’ai assemblé trois clips dans une vidéo pour vous permettre de vous faire une idée :

Pour regarder à nouveau la vidéo plus tard ou la partager, je peux l’imprimer. Je n’imprime bien sûr pas toute la vidéo, mais une image fixe de celle-ci, ou photogramme. J’y ajoute un QR code via le menu de l’appareil photo. Ensuite, je l’imprime en tournant la manivelle sur le côté d’un quart de tour.

J’imprime un photogramme avec un QR code.
J’imprime un photogramme avec un QR code.

La dernière étape consiste à télécharger la vidéo sur le cloud Fujifilm via mon smartphone, où elle sera conservée (gratuitement) pendant deux ans. Il suffit ensuite de scanner le QR code avec un smartphone pour lire la vidéo. Le fait que j’ai besoin de tant d’étapes pour tout le processus et aussi de mon smartphone m’agace, ça gâche le charme rétro.

Tout cela perturbe le plaisir que je m’attendais à tirer de la manipulation de tous ces boutons. Par exemple, activer le mode vidéo haute résolution dans le menu relève du casse-tête. Je n’ai d’ailleurs toujours pas réussi à l’utiliser. Les dix effets numériques constituent, eux aussi, une épreuve de patience : la subdivision en différentes décennies (1930-2020) est une chouette idée, mais les temps de chargement me rendent folle.

Il faut attendre une éternité pour changer d’effet.
Il faut attendre une éternité pour changer d’effet.

Pour ne rien arranger, le zoom numérique détruit complètement la résolution vidéo déjà limite. La possibilité de basculer entre le mode vidéo et le mode photo à l’aide d’un interrupteur à bascule semble, en outre, superflu étant donné que, même en mode vidéo, il me suffit d’appuyer sur le déclencheur pour prendre une photo.

J’aime bien les impressions d’images smartphone.
J’aime bien les impressions d’images smartphone.

La seule lueur d’espoir reste l’imprimante pour smartphone : l’appareil photo peut être utilisé comme imprimante photo mobile pour les images du smartphone. Cela permet d’économiser l’achat d’une imprimante Instax supplémentaire et donne des résultats de meilleure qualité que les photogrammes internes.

À bas le charme rétro

Lors de mon test, le charme visuel de l’appareil ne s’est malheureusement pas reflété dans les résultats. Bien que les photos classiques dégagent la vibe typique d’Instax dans de bonnes conditions lumineuses grâce à l’ouverture de f/1.8, tout ce qui provient du mode vidéo est tout simplement inutilisable.

Les images fixes sont généralement floues et délavées à l’impression et je ne parle même pas de la fidélité aux détails. Les effets sont trop présents à mon goût, pour y remédier je dois les contre-balancer manuellement en baissant l’intensité sur la molette de l’objectif tout en filmant. Pour finir, je trouve le QR code imprimé sur l’image gênant.

Les photogrammes sont malheureusement souvent flous et décevants.
Les photogrammes sont malheureusement souvent flous et décevants.

Cette expérience frustrante est couronnée par la faible endurance de l’appareil : après seulement 30 minutes d’utilisation intensive, la batterie lâche l’affaire. Pour une excursion d’une journée, c’est un critère éliminatoire, d’autant plus qu’une charge complète prend plus d’une heure ce qui rend le chargement à l’aide d’un chargeur de secours en cours de journée peu pratique.

Bilan

Trop de fonctionnalités inutiles

L’Instax Mini Evo Cinema est un exemple classique de feature overkill. La fonction vidéo reste un gadget sympathique, mais mes trois essais m’ont suffi et je ne compte pas la réutiliser. Notamment parce que je dois quand même utiliser mon smartphone pour scanner le QR code, tout ça pour regarder un clip de très mauvaise qualité.

En bref, je n’achèterais pas l’appareil. Le boîtier en plastique et les performances médiocres du mode vidéo ne justifient pas son prix dépassant les 400 francs suisses.

Fujifilm propose des appareils moins chers et qui donnent de meilleurs résultats pour des photos rétro cool. Je peux notamment vous recommander l’Instax Mini 99 pour un appareil sans trop de fioritures, mais qui dispose de jolis effets et livre des résultats satisfaisants. L’Instax Mini Evo offre également un look rétro et cool et est encore un peu plus maniable.

Pro

  • jolies photos rétro
  • fait aussi office d’imprimante pour smartphone

Contre

  • de nombreuses fonctionnalités superflues
  • les vidéos ne sont pas à la hauteur
  • les photogrammes ne sont pas adaptés à l’impression
  • les effets sont trop présents
  • beaucoup trop cher par rapport au reste de la gamme Fuji Instant

Cet article plaît à 31 personne(s)


User Avatar
User Avatar

Depuis que je sais tenir un crayon, je griffonne le monde en couleurs. Grâce à l’iPad, l’art numérique n’est pas en reste. C’est pourquoi j’aime tester les tablettes, qu’elles soient graphiques ou normales. Si je veux laisser libre cours à ma créativité sans m’encombrer, je prends des photos avec les derniers smartphones 


Photo et vidéo
Suivez les thèmes et restez informé dans les domaines qui vous intéressent.

Test de produit

Nos expertes et experts testent les produits et leurs applications, de manière indépendante et neutre.

Tout afficher

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

  • Test de produit

    Photographier, imprimer et basta ? Non ! Cet appareil photo hybride de Fujifilm est capable de bien plus

    par Michelle Brändle

  • Test de produit

    Fujifilm Instax Mini 99 en essai : des photos uniques avec des effets de lumière

    par Michelle Brändle

  • Test de produit

    Le Polaroid I-2 est disproportionnellement cher

    par David Lee

26 commentaires

Avatar
later