

Test du Sonos Play : l’enceinte qui sait presque tout faire
La Sonos Play se veut à la fois une enceinte de salon et d’extérieur et réussit ce pari avec brio. Sa puissance sonore, la longue autonomie de sa batterie et la richesse de ses fonctionnalités m’ont convaincu.
Il existe des enceintes faites pour la terrasse, d’autres sont destinées au salon, et puis il y a des appareils comme la nouvelle Sonos Play, qui veulent être les deux à la fois. Cela la rend certes intéressante, mais c’est aussi plus risqué pour le fabricant, car vouloir convenir à tous les usages conduit souvent à n’exceller dans aucun.
Design et finition : les valeurs traditionnelles à l’honneur
Après plusieurs semaines passées avec la Sonos Play, je n’ai toutefois pas eu cette impression. L’enceinte est suffisamment grande pour offrir un son de qualité, suffisamment compacte pour être transportée, assez intelligente pour le multiroom et suffisamment robuste pour le jardin ou le balcon. En revanche, elle est trop lourde pour une grande randonnée.
Dès le déballage, il apparaît clairement que Sonos a créé un hybride entre la Roam portable et la Move plus imposante. La Sonos Play n’est pas une mini-enceinte que l’on glisse dans une poche de veste, mais ce n’est pas non plus un gros bloc que l’on traîne à contrecœur d’une pièce à l’autre. Avec ses quelque 1,3 kilogramme, elle se situe dans une catégorie agréable, celle de « Je peux l’emporter avec moi. ».
Design et finition : les valeurs traditionnelles à l’honneur
Sur le plan esthétique, Sonos reste fidèle à son identité. On retrouve de nombreuses surfaces mates, une grille métallique robuste, des formes arrondies et un design sobre. L’enceinte s’intègre ainsi discrètement dans une bibliothèque et j’apprécie particulièrement la petite sangle de transport située à l’arrière. Cela peut sembler être un détail, mais dans l’usage quotidien, cela fait une grande différence.

La qualité de fabrication laisse une très bonne impression, rien ne grince et l’ensemble ne paraît pas bas de gamme. Les protections en caoutchouc sur les bords préservent le boîtier sans pour autant transformer l’enceinte en un de ces gros cubes Bluetooth robustes et criards. La Play bénéficie d’une certification IP67, qui la protège contre l’eau et la poussière. Elle résiste sans problème à la pluie, aux éclaboussures ou même à une chute accidentelle dans une piscine. Sonos continue de miser sur de véritables boutons physiques et à une époque où les surfaces tactiles sont parfois trop sensibles, c’est un vrai soulagement. Le volume, la lecture/pause et le Bluetooth peuvent être commandés à l’aveugle, sans avoir besoin de regarder l’enceinte.
Application et multiroom : (à nouveau) la discipline reine de Sonos
Il est difficile d’aborder Sonos sans évoquer la question de l’application. La refonte ratée de l’application en 2024 a fortement entamé la confiance des utilisateurs et utilisatrices. Il est donc d’autant plus important que la Play fonctionne sans accroc, et effectivement, lors de mon test, la configuration s’est déroulée sans difficulté. Une fois connecté au Wi-Fi, le haut-parleur s’intègre immédiatement à l’écosystème Sonos.

Certes, la Play est une bonne enceinte même en mode Bluetooth, mais c’est en Wi-Fi et avec l’application Sonos qu’elle révèle tout son potentiel. Elle regroupe les services de streaming, offre une commande multiroom pratique (si vous possédez plusieurs enceintes Sonos) et présente clairement les réglages audio. Et oui : AirPlay 2 fonctionne sans problème. Si vous n’êtes pas fan du multiroom, mais plutôt passionné de stéréo, cela fonctionne très bien aussi. Deux enceintes Play offrent une image sonore large, capable de sonoriser sans problème de petites pièces ou des fêtes dans le jardin. À cela s’ajoute Auto Trueplay : l’enceinte analyse son environnement et adapte le son en conséquence, la différence est audible. La Play offre ainsi un son plus maîtrisé, en particulier dans les petites pièces ou sur des surfaces résonnantes.
Connexions et fonctions : son provenant de l’extérieur
Outre le Wi-Fi et le Bluetooth 5.3, l’enceinte dispose d’un port USB-C qui lui permet non seulement de se recharger, mais aussi d’alimenter d’autres appareils, tels que des smartphones. La Play fait donc également office de petite batterie externe et le port USB-C permet en outre de connecter une source audio filaire. Toutefois, cela n’est possible qu’avec l’adaptateur Sonos Line-in et uniquement pour une source audio analogique, vous devez donc lancer le fichier MP3 sur votre téléphone (ou tout autre lecteur). La commande vocale via Alexa ou Sonos Voice Control est également intégrée. Attention avec Sonos Voice Control : cela a fonctionné pour moi en anglais, mais pas en allemand.

Dans l’ensemble, la commande vocale des deux assistants fonctionne de manière fiable. Ce qui me plaît est que malgré ses nombreuses fonctionnalités, la Play ne donne jamais l’impression d’être surchargée. Elle offre suffisamment de possibilités aux passionnés de technologie, tout en restant simple d’utilisation. Tous les fabricants ne parviennent pas à trouver ce juste équilibre.
Un son chaleureux, doux et apaisant
Un son chaleureux, riche, maîtrisé et davantage conçu pour une écoute prolongée que pour les effets ce qui, d’après mon expérience, correspond également aux exigences de Sonos. La Play ne cherche pas à vous impressionner dès les premières secondes avec des basses exagérées. Au contraire, son son se développe avec le temps et semble équilibré, la large scène sonore y contribue également. Pour une enceinte compacte, la Play offre un son très ouvert. Les instruments se distinguent nettement les uns des autres, les voix sont clairement localisées dans l’espace et même à volume élevé, le son reste maîtrisé.
Des aigus clairs et rarement perçants
Pour tester les aigus, j’ai écouté « Dreams » de Fleetwood Mac. Ce morceau est idéal, car les cymbales, les guitares et les voix peuvent rapidement devenir désagréables si une enceinte est réglée de manière trop aiguë, mais la Sonos Play s’en sort haut la main. Les charlestons restent nets, sans sifflement et même à volume élevé, les aigus restent maîtrisés. La voix de Stevie Nicks a beaucoup d’espace. Certains modèles concurrents semblent plus brillants au premier abord mais à long terme, je trouve le réglage de la Play agréable. Ce n’est qu’à très haut volume que les médiums deviennent stridents. Cela se remarque surtout sur les morceaux où la guitare est très présente, mais cela reste globalement acceptable.
Des médiums clairs et bien articulés
J’écoute aussi Someone like you d’Adele et là encore, la Sonos Play m’impressionne. La voix d’Adele est présente et puissante. Les notes de piano conservent toute leur substance. Les podcasts, les voix et la musique acoustique tirent pleinement parti de ce réglage. Même avec des morceaux plus complexes, la reproduction des médiums reste stable. Les instruments ne se fondent pas en une bouillie sonore, mais conservent leur structure. Comparé aux enceintes de fête classiques, la Play fait preuve d’une grande maturité, elle privilégie l’équilibre et le naturel.
Des basses plus puissantes que prévu
Pour tester les basses, j’ai choisi Humble de Kendrick Lamar, un morceau qui permet de voir rapidement si une enceinte compacte maîtrise les graves. Compte tenu de sa taille, la Sonos Play offre une bonne puissance dans les graves. Les radiateurs passifs tirent le maximum du boîtier, les grosses caisses ont du punch et les basses sont puissantes. Selon l’emplacement, les basses peuvent parfois résonner un peu. Sur une table en bois, une pression supplémentaire s’installe rapidement dans les basses moyennes, mais grâce à l’égaliseur de l’application, cela peut être réglé. La puissance est suffisante pour la musique électronique ou le hip-hop. Pour ressentir physiquement les très basses fréquences, mieux vaut opter pour une grande enceinte de fête.
Batterie : plus besoin de s’inquiéter pour les prises électriques
Sonos promet jusqu’à 24 heures d’autonomie et, en effet, la Play s’en approche. Avec un volume variable, on peut compter sur 18 à 20 heures d’autonomie. C’est tout à fait honorable pour cette gamme de produits et cela permet d’utiliser l’enceinte pendant plusieurs jours sans avoir à penser à la recharger. La solution de recharge est pratique, il suffit de poser l’enceinte sur sa station de recharge pour qu’elle soit toujours prête à l’emploi. La station de recharge est quant à elle équipée d’un port USB-C, Sonos ne fournit toutefois pas d’adaptateur secteur.

Bilan
Elle a tout pour devenir mon nouveau coup de cœur
La Play ne remplace pas la boombox lors d’une fête dans le jardin. Si vous recherchez avant tout un volume sonore maximal, d’autres marques offrent parfois davantage pour le même prix. La véritable force de la Sonos Play se situe ailleurs : c’est au sein de l’écosystème Sonos qu’elle révèle tout son potentiel. Le multiroom, AirPlay et d’autres fonctionnalités la rendent plus polyvalente que de nombreuses enceintes Bluetooth classiques. Il faut toutefois être conscient que cela peut vite coûter cher. Bien sûr, il est possible d’opter pour des modèles Sonos moins onéreux. Pour une salle de bains, une enceinte plus petite peut suffire, et dans une cuisine, un gros modèle est souvent encombrant. Cela reste néanmoins un investissement conséquent : la Play coûte 329 francs suisses / 349 euros.
Sonos n’a pas conçu un monstre technologique, mais une enceinte adaptée à de nombreux usages. Pour sa taille, elle offre une très bonne qualité sonore, présente une finition soignée, bénéficie d’une bonne autonomie et s’intègre parfaitement dans un environnement de maison connectée. Surtout, la Play donne enfin l’impression d’être l’enceinte portable Sonos que beaucoup attendaient : ni trop petite, ni généralement trop lourde.
Son prix est assez élevé et si vous souhaitez uniquement utiliser le Bluetooth, vous trouverez des alternatives moins coûteuses. En revanche, si vous comptez profiter du Wi-Fi, du multiroom et de l’écosystème Sonos, la Sonos Play mérite clairement d’être envisagée.
Pro
- bonne finition
- un son bien équilibré
- une application nettement améliorée
Contre
- lourde
- assez chère

Depuis que j'ai découvert comment activer les deux canaux téléphoniques de la carte RNIS pour obtenir une plus grande bande passante, je bricole des réseaux numériques. Depuis que je sais parler, je travaille sur des réseaux analogiques. Un Winterthourois d'adoption au cœur rouge et bleu.
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